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LA PETITE POLOGNE

Malopolska (Petite Pologne) est une région chargée d'histoire et très intéressante du point de vue ethnographique, située au sud-est de la Pologne, dans le bassin de la Vistule haute et centrale.

Elle comprend la plus grande partie des Carpates polonaises, Kotlina Sandomierska (le Bassin de Sandomierz), Kotlina Oswiecimska (le Bassin d'Auschwitz) et Wyzyna Malopolska (le Plateau de Petite Pologne), avec le Jura de Cracovie et de Czestochowa, une région unique du point de vue géomorphologique.

On peut comparer le territoire de la Petite Pologne à un gâteau savoureux, dans lequel un généreux pâtissier aurait mis des poignées de friandises : nulle autre région polonaise ne jouit de tant d'attractions touristiques. Tout y est : des monuments historiques, une nature splendide, des lieux pour les vacanciers. Cracovie, la capitale culturelle du pays, arrive en tête de la liste des trésors de la Petite Pologne. Elle enferme un quart des pièces de musée de toute la Pologne. On trouve ensuite Zakopane, magnifique ville thermale située au pied des Tatras, les plus hautes montagnes polonaises. Près de 4 millions de personnes viennent chaque année à Czestochowa, lieu de pèlerinage le plus connu en Pologne, pour prier devant le tableau miraculeux de la Vierge dans le cloître de Jasna Gora. La mine de sel à Wieliczka, curiosité tout à fait exceptionnelle, attire les visiteurs du monde entier. Oswiecim (Auschwitz), le camp de concentration nazi transformé en musée, est un autre endroit très fréquenté par les touristes. Il ne faut pas manquer deux autres régions : la Lubelszczyzna et le Roztocze, avec leurs paysages d'une grande beauté (on y trouve deux parcs nationaux) et de nombreux vestiges laissés par les communautés juives qui y habitaient autrefois. Lublin, qui possède une vieille ville très intéressante, et Zamosc, véritable perle de la Renaissance inscrite sur la Liste du Patrimoine Mondial de l'UNESCO, sont également des villes dignes d'être visitées.

Le nom de Petite Pologne est entré en usage au XVe siècle. Son équivalent latin " Polonia Minor " signifie " la Pologne Mineure ", mineure par rapport au territoire de la Grande Pologne qui a vu naître l'État polonais. Cependant, dès la deuxième moité du XIe siècle, c'est la Petite Pologne qui est devenue la région la plus importante du pays. C'est à Cracovie, sur la colline du Wawel que les rois et les princes résidaient, c'est ici que se développait la vie culturelle et scientifique (en 1364, le roi Casimir le Grand a fondé l'Académie de Cracovie, à présent l'Université Jagellonne). Les grandes routes commerciales menant de l'Europe occidentale jusqu'à la Mer Noire ont contribué au développement des villes de la Petite Pologne.


Kraków. Photo: P. Kubisztal www.poland.gov.pl

Le siècle d'or de la Petite Pologne prit fin avec le transfert de la capitale du pays à Varsovie et avec les démembrements consécutifs du pays, lorsqu'elle fut annexée par l'Autriche. En 1809, une partie de son territoire entra dans la composition du Grand Duché de Varsovie et, à partir de 1815, dans celle du Royaume de Pologne. Cracovie et ses environs ont constitué la République de Cracovie (1815-1846) sous protectorat des trois puissances. Après l'échec de l'insurrection de Cracovie (1846), celle-ci fut incorporée à la Galicie. Avec le recouvrement de l'indépendance en 1918, la plus grande partie de l'ancienne Petite Pologne se trouva incorporée à l'Etat polonais. Après la Deuxième Guerre mondiale, une partie de la région fut annexée à l'Union Soviétique.

 

LA NATURE : MONTAGNES ET ROCHERS

La partie sud de la Petite Pologne est une région montagneuse. La chaîne des Carpates traverse le territoire polonais sur une longueur de 300 km et se divise en Carpates Occidentales (les Tatras, les Pieniny et les Beskides) et Orientales (les Bieszczady).

Les Carpates Occidentales attirent les touristes par la beauté de leur nature sauvage. On n'y trouvera pas de routes goudronnées ni de propriétés clôturées, mais uniquement des châlets en bois. Munis d'un sac a dos et de bonnes chaussures, vous pouvez partir a la rencontre d'une nature encore sauvage.


Le Jura de Cracovie-Czestochowa : grottes et chauves-souris

Cette partie du plateau de Petite Pologne, constituée de roche calcaire jurassiques, impressionne par ses phénomènes karstiques. Les sites les plus intéressants sont préservés grâce aux parcs nationaux (Ojcowski et Swietokrzyski), aux réserves naturelles et aux parcs paysagers. Le long du plateau s'étend une rangée de ruines surnommées les Nids d'Aigle. Parmi ces vestiges de châteaux forts, datant du XIVe siècle, les plus imposants sont ceux d'Ogrodzieniec, de Mirow, de Bobolice et d'Olsztyn. En été, le Jura est envahi par les amateurs d'escalade; les rochers calcaires se prêtent parfaitement à ce type de sport. L'Ensemble des Parcs des Nids d'Aigle offre une autre grande curiosité, le Désert de Bledow.ste.

Saviez-vous que...

Le Désert de Bledow est la plus vaste zone de sables mouvants en Pologne. Les sables y ont été déposés il y a des milliers d'années par les eaux des glaciers fondants. Le désert polonais s'étend sur une distance de 32 km2 (autrefois il occupait un espace de150 km2) entre Klucze, Chechlo et Bledow. Il atteint 9 km de longueur et 3-4 km de largeur, avec une profondeur moyenne de 25 m de sable. Dans les années 1950-1960, on pouvait y observer des phénomènes typiques pour les zones désertiques, tels que mirages, tempêtes de sable et oasis. À présent, le désert se couvre de plus en plus de végétation, surtout de saule caspien. Heureusement, selon certaines hypothèses, le sable commencerait à se former de nouveau.

Ces dernières années, ce désert est devenu le lieu préféré des amateurs de parapente. En effet, il est non seulement dominé par de hautes collines couvertes de végétation, qui constituent un bon point de départ, mais il produit aussi des courants d'air qui permettent une ascension élevée.

Le Parc National d'Ojcow, situé non loin de Cracovie, dans la vallée de Pradnik, est le plus petit parc national en Pologne (1580 ha). Le 14 janvier 2001, on a fêté son 45e anniversaire. Malgré ses dimensions limitées, il fait partie des vingt premières réserves inscrites sur la liste des 1200 enregistrées par l'ONU. Chaque année, 350 000 à 400 000 personnes le visitent. Un relief agréable, des rochers aux formes fantaisistes qui portent des noms mythologiques (Massue d'Hercule, 20 m de haut), plus de 400 grottes, des ravins atteignant une profondeur de 100 m, des sources karstiques, une végétation exceptionnelle, des châteaux et des ruines du Moyen Age, tout cela en fait un lieu de passage obligé pour les touristes.


Les Monts Swietokrzyskie : les plus anciennes et les plus basses

Le Plateau de Petite Pologne englobe le Plateau de Kielce-Sandomierz, avec Monts Swietokrzyskie (les Monts Sainte-Croix), qui sont parmi des plus vieilles montagnes d'Europe. Ces monts sont peu élevés (Lysica est le plus haut sommet, 612 m d'altitude) et forment de longues chaînes régulières datant de 650 millions d'années. Au pied de certaines d'entre elles on observe des roches provenant d'éboulements, résultat d'une altération intensive des rochers par ventilation à basse température.

Les Monts Swietokrzyskie étaient autrefois recouverts de denses forêts. Aujourd'hui, les forêts Jodlowa et Swietokrzyska en sont les vestiges. C'est ici que se trouve la limite de la zone européenne des sapins, des hêtres et des érables sycomores. On y trouve aussi des forêts de pins et de chênes ainsi q'un petit nombre de mélèzes, beaucoup de tilleuls, d'érables, de frênes et dans certaines régions des charmes, des ormes, des ifs et des épicéas. Il y pousse aussi plusieurs espèces de fougères et de lycopodes. On y trouve des tourbières, avec une précieuse végétation marécageuse comme les droséras et les orchis.

Au sein de cette nature vivent des sangliers, des renards, des chevreuils, des cerfs, des daims, des blaireaux, des castors, des martres, des hermines et des écureuils, ainsi que plus de 150 espèces d'oiseaux (comme, par exemple, le tétras-lyre et le tétras-urogalle).

Le Parc National Swietokrzyski, constitué en 1950, protège les plus précieux paysages de la région. Sa surface totale est de 7626 ha. On y trouve la montagne Lysa Gora (Montagne Chauve), lieu légendaire de sabbats de sorcières. Des fouilles archéologiques ont attesté l'existence, il y a plusieurs siècles, d'un important lieu de culte des dieux slaves liés aux forces de la nature. En outre, il existe 66 réserves naturelles où se trouvent plus de 670 reliques naturelles.

Saviez-vous que...

La relique végétale la plus connue dans les Monts Swietokrzyskie est le chêne millénaire Bartek, un des plus anciens arbres en Pologne. Sa circonférence au sol est de 13 m et sa hauteur de presque 30 m.

Autour des Monts Swietokrzyskie, on trouve des formations minérales plus récentes, parmi lesquelles les roches calcaires qui ont permis l'apparition de cavernes et de grottes. La plus célèbre d'entre elles, la caverne du Paradis (Raj), est une réserve accessible au public.

Saviez-vous que...

La caverne du Paradis, située près de Kielce et considérée comme la plus connue et la plus belle de Pologne, n'a été découverte qu'en 1964. On y trouva des ossements d'animaux du pléistocène (mammouth, rhinocéros poilu, ours des cavernes) ainsi que des outils en os et en silex (datant de l'époque de l'homme de Néanderthal, de 40 000-50 000 ans). Il s'agit d'une caverne facile d'accès qui ne nécessite pas d'équipement sophistiqué ni d'entraînement. Le couloir n'est pas long (180 m), mais offre des impressions extraordinaires. Un splendide éclairage met en valeur les formes caractéristiques des stalactites, des stalagmites et des colonnes (par endroits, jusqu'à 200 stalactites sont suspendues sur un mètre carré) ainsi que des pisoides, qui sont une curiosité mondiale (les perles des cavernes, concrétions en forme de petites boules).

 

Les Carpates : randonnées à travers les forêts et les alpages

Les Tatras

La plus haute chaîne des Carpates, sont considérées par les habitants des vallées comme les seules "vraies" montagnes en Pologne. En été, des touristes et des groupes organisés s'y rendent, et, en hiver, Zakopane, "capitale d'hiver" de la Pologne, attire les skieurs.


Les Tatras. Photo: R. M. Kosinscy, www.poland.gov.pl

Les Tatras sont les seules montagnes polonaises de type alpin. Elles offrent des itinéraires pittoresques et des vues imprenables. Pour admirer la beauté des Tatras, il n'est pas nécessaire d'atteindre les sommets, il suffit de se promener dans l'une des admirables vallées, comme Chocholowska, Koscieliska, Strazyska ou celle de Rybi Potok. En hiver, plusieurs pentes se transforment en pistes de ski. Zakopane, située au pied des Tatras, n'est pas une ville ordinaire. Elle se distingue par son folklore montagnard (coutumes, chants, danses, costumes, patois et architecture). Dans la chaîne des Carpates, qui s'étend en un large arc depuis les Portes de Fer dans les gorges du Danube jusqu'à la Porte de Moravie, les Tatras occupent une surface de 785 km2 dont moins de 25% (environ 175 km2) appartiennent à la Pologne. Le plus haut sommet des Tatras, Gerlach (2655 m d'altitude), se trouve en Slovaquie. Du côté polonais, le record est détenu par le Mont Rysy (2499 m d'altitude), à la frontière entre la Pologne et la Slovaquie. Kozi Wierch (2291 m d'altitude) est le plus haut sommet situé entièrement sur le territoire de la Pologne.

Les Tatras polonaises se divisent en deux. Les Hautes Tatras possèdent le plus grand nombre de réservoirs naturels d'eau (vestiges d'anciennes formations glaciaires), tandis que les Tatras Occidentales sont connues pour leurs belles cavernes. Les Hautes Tatras restent le domaine réservé aux touristes courageux ; des chemins escarpés, des pentes abruptes et sauvages, des précipices peuvent être trompeurs. Pourtant, c'est ici que l'on trouve les plus belles vues, qui restent à jamais gravées dans la mémoire. Les Tatras Occidentales sont moins dangereuses, leurs larges pentes aux lignes douces sont plus accessibles et on y trouve plus de verdure et d'espace.

Saviez-vous que...

  • Le plus haut sommet de Pologne est Kozi Wierch (2.291 m d'altitude)
  • Le plus grand lac des Tatras est Morskie Oko (34,9 ha)
  • Le lac le plus profond des Tatras est Wielki Staw dans la Vallée Dolina Pieciu Stawow Polskich (79,3 m)
  • La plus profonde caverne est Wielka Sniezna dans le massif des Czerwone Wierchy (814 m)
  • La plus longue vallée des Tatras polonaises est celle de Sucha Woda Gasienicowa (13 km)
  • Les plus hautes chutes d'eau dans les Tatras polonaises sont celles de Wielka Siklawa qui tombent au seuil de la Vallée Dolina Pieciu Stawow Polskich (70 m)
  • Une couche de neige record d'une épaisseur de 3,55 m a été enregistrée au sommet Kasprowy Wierch en avril 1996

Le relief irrégulier des Tatras entraîne la formation de nombreuses cascades. Parmi les plus belles et les plus connues, on peut nommer Wodogrzmoty Mickiewicza et Wielka Siklawa. C'est surtout au printemps et au lever du soleil que l'on apprécie le mieux la beauté de cette dernière. Les 43 lacs de l'époque glaciaire (appelés étangs par les montagnards), d'une surface totale de 160 ha, prennent des couleurs allant du bleu à l'émeraude. La plupart d'entre eux sont situés dans les hautes Tatras au-dessus de 1600 m d'altitude. Le lac de Morskie Oko (1393 m d'altitude) est le plus grand, le plus beau et le plus aisément accessible.

Les Tatras se distinguent par la richesse particulière de leur végétation. Dans la partie polonaise, on trouve plus de 1000 espèces vasculaires dont 250 sont des espèces de haute et de basse montagne. On y trouve deux étages de forêts : l'étage inférieur, avec en particulier des hêtres et des sapins ; l'étage supérieur, avec des épicéas, des pins cembros, des bouleaux des Carpates. Les forêts disparaissent à une altitude de 1500 m environ. Au-dessus, on n'a plus que de petits pins mugos qui préservent les versants de l'érosion. Au-delà de 1800 m apparaissent les alpages sur lesquels, il y a encore quelques décennies, on menait paître les moutons. Au-delà de 2300 m, les montagnes sont presque dépourvues de végétation : il ne reste sur les rochers que des plantes particulièrement adaptées aux rudes conditions climatiques.

Il existe quelques plantes qui rappellent les Tatras, comme l'edelweiss et la carline acaule (motif de décoration très utilisé dans la région de Podhale), des crocus violets qui, à la fonte des neiges, forment de véritables tapis. Le pin cembro, que l'on peut trouver aux environs du lac Morskie Oko et de la Vallée Dolina Roztoki, est une autre curiosité.

La faune des Tatras se caractérise par une grande diversité dûe notamment aux zones dans lesquelles elle évolue. Les zones forestières sont habitées par des espèces communes: cerfs (300 spécimens), chevreuils, sangliers, loups et renards. Des lynx et des chats sauvages sont encore présents.

L'habitant le plus noble de la région est l'ours brun, qui s'aventure même dans les hauts cols. Actuellement, dans les Tatras polonaises, il en existe 12, tandis que dans toute la chaîne, il sont environ 60. L'aigle royal se fait malheureusement rare ; dans toutes les Tatras, il n'en reste que quelques couples. La population des corbeaux diminue également. Les chamois (selon un recensement réalisé en 2000, il y en a 80 environ du côté polonais) et les marmottes attirent le plus l'intérêt des randonneurs. Le chamois, qui est devenu le symbole du Parc National Tatrzanski, est le plus facile à observer. Pour apercevoir la marmotte, il faut avoir plus de chance et de patience. Elle est plus facile à entendre qu'à voir, car, d'un naturel farouche, elle prévient ses congénères par un sifflement aigu qui se répand loin dans les alpages, dès qu'elle sent un danger.

La nature des Tatras est préservée au sein du Parc National Tatrzanski, constitué en 1955, et d'une surface de 21 400 ha.


Les Beskides

Les Beskides constituent la plus grande partie des Carpates polonaises. Ils se divisent en Beskides Occidentaux et Orientaux. Les Beskides Occidentaux, qui se trouvent dans la région de la Petite Pologne, comportent huit groupes de montagnes (par exemple, Beskid Maly, Beskid Zywiecki, Beskid Wyspowy, Beskid Sadecki et la chaîne des Gorce). Les monts des Beskides, en forme de coupoles, avec des versants peu inclinés et couverts de forêts, conviennent particulièrement aux amateurs de longues randonnées. Les montagnes, avec leur vaste réseau de pistes balisées, offrent aux promeneurs la possibilité de vivre une belle aventure.

Le Beskid Maly (le Petit Beskid) s'étend de la ville de Bielsko Biala, à l'ouest, jusqu'à la vallée de la Skawa, à l'est. Au sud, il atteind le Beskid Zywiecki et, au nord, il borde les communes de Kety, d'Andrychow et de Wadowice, ville natale du pape Jean-Paul II. Les crêtes montagneuses sont séparées par de profondes vallées et, pour la plupart, couvertes de forêts, mais on y trouve aussi de jolies clairières offrant des vues panoramiques. Les sommets peu élevés ne dépassent pas 950 m d'altitude.

Le Beskid Zywiecki est, après les Tatras, le plus haut ensemble de montagnes polonaises. Situé entre les rivières Sola et Skawa, en amont, il attire de nombreux touristes. Babia Gora est le plus haut sommet de la chaîne et des Beskides polonaises (1725 m). Le Parc National Babiogorski (créé en 1955, 3392 ha) protège son splendide paysage qui, depuis 1977, fait partie des Réserves Mondiales de la Biosphère de l'UNESCO.

Le Beskid Wyspowy (le Beskid Insulaire) s'étend entre le centre de la vallée de la Raba, à l'ouest, et la vallée du fleuve Dunajec, à l'est. Il doit son nom à une formation géomorphologique particulière. Il se compose de monts séparés avec des versants abrupts et des sommets aplatis (le plus haut est Mogielica, 1171 m). Les montagnes sont particulièrement belles en automne, lorsque des sortes d'ilôts sombres se détachent de la mer brumeuse des vallées. Les habitants de la région, qui représentent plusieurs groupes ethniques, ont conservé un folklore intéressant et entretiennent avec soins leurs traditions ancestrales.

Le Beskid Sadecki est une chaîne de montagnes séparée, à l'ouest, des Gorce et du Beskid Wyspowy par la vallée du Dunajec et longe, à l'est, le Beskid Niski. Au sud, il touche les Pieniny et la Slovaquie. La vallée de la rivière Poprad, dans le Parc Paysager Popradzki, divise le Beskid en deux. Les monts ne sont pas très élevés (seul le plus haut sommet Radziejowa dépasse 1200 m) et sont couverts d'épaisses forêts. A l'ouest du Beskid Sadecki, on trouve deux villes, Nowy Sacz et Stary Sacz, riches en monuments historiques et en traditions qui remontent au Moyen Age. La région est également connue pour ses stations thermales comme Krynica, Zegiestow, Piwniczna et Muszyna, réputées dans toute la Pologne. Les environs de ces villes étaient autrefois habités par la population des Lemkowie, qui a laissé de belles églises de culte oriental, en bois et en pierre, faisant partie des plus grandes attractions architecturales de la région.


Les Gorce

Les Gorce constiuent un ensemble de montagnes dans les Beskides Occidentales, situées entre deux rivières, la Raba et le Dunajec, qui bordent au nord le Beskid Wysowy et au sud la région de Podhale. Vue d'en haut, cette chaîne rappelle par sa forme une étoile de mer. Les sommets accessibles, arrondis et aplatis (le plus haut est celui de Turbacz, 1310 m), attirent de nombreux randonneurs. Les Gorce ne présentent pas d'arêtes aigües, de lacs de montagnes, ni de profonds ravins, mais laissent un souvenir impérissable. La ligne déchiquetée des crêtes, séparées par des vallées profondes et sauvages, des sommets couverts de grandes forêts intactes de hêtres et de sapins, découpés par de vastes alpages, des clairières, constituent un paysage sans pareil.

En 1981 fut constitué le Parc National Gorczanski, d'une surface de 7020 ha. C'est une véritable oasis de silence. Même si le réseau de sentiers touristiques est assez dense, des endroits pleins de charme attirent les touristes à la recherche de calme.

Dans ses vastes forêts et ses clairières on peut découvrir une grande richesse de plantes médicinales, parmi lesquelles se trouvent plusieurs espèces protégées comme le crocus, le lys asphodèle, le perce-neige, l'orchis, la carline acaule et d'autres. En été, dans les alpages et dans les sous-bois, une multitude de myrtilles et de framboises invitent à la cueillette. Grâce aux forêts intactes, la faune des Gorce est très diversifiée. On y rencontre des chevreuils, des cerfs, des sangliers, des lièvres, mais aussi des lynx, qui ont été réintroduits après plusieurs années d'absence. Le Parc est le refuge d'une centaine d'espèces d'oiseaux dont de grands rapaces comme l'autour, la buse, le faucon crécerelle, le tétras urogalle, le tétras-lyre, le milan et l'épervier. Des corbeaux assez rares vivant en couple sont aussi revenus peupler la région. Le symbole du Parc National Gorczanski est la salamandre, espèce rare et protégée.


Les Pieniny

Les Pieniny attiraient les touristes déjà au XVIIIe siècle, à une époque où des représentants des élites politiques et culturelles, polonais et étrangers, y venaient en grand nombre. Aujourd'hui, près de 400 000 touristes s'y rendent chaque année pour admirer la beauté de l'endroit.

Les Pieniny, appartenant à la chaîne des Carpates, présentent de majestueuses crêtes calcaires élancées, qui s'élèvent au-dessus des versants abrupts couverts de forêts intactes. La rivière du Dunajec se fraie un passage à travers les montagnes, en suivant des gorges profondes et austères.

Le Parc National Pieninski, créé en 1932, est l'un des plus petits en Pologne (2346 ha), mais aussi l'un des plus intéressants. Les itinéraires de randonnées permettent de découvrir les plus importants trésors de la nature, même durant un court séjour. Des différences de niveaux peu importantes (le plus haut sommet est celui de Wysoka, 1050 m) permettent aux touristes même les moins sportifs de se promener dans le Parc. Le Parc National Pieninski se prolonge sur le territoire de la Slovaquie sur une surface de 3750 ha.

Saviez-vous que...

Le Parc National Pieninski, constitué à la frontière de la Pologne et de la Slovaquie, est le premier parc naturel international en Europe et le second dans le monde (après le Parc de la Paix Waterton-Glacier situé à la frontière de la province Alberta au Canada et de l'Etat du Montana aux Etats-Unis).

La flore des Pieniny est particulièrement riche avec ses forêts de sapins et de hêtres, quelques spécimens d'érables, d'érables sycomores et d'ormes. L'arbre qui caractérise le paysage des Pieniny est le pin, qui pousse en taillis sur des cimes rocheuses. On peut aussi y voir quelques rares exemplaires d'ifs.

Pour un bon observateur, il est intéressant de contempler les prairies des Pieniny. Elles sont le résultat de l'activité de l'homme qui, en défrichant les forêts, a élargi ses espaces de culture et de pâturage. Aujourd'hui, on y trouve surtout des plantes semées par le vent, poussant sur un terrain dépourvu de forêts. Les botanistes ont compté plus de 3000 espèces végétales dans les prairies luxuriantes des Pieniny. Parmi les plus grandes curiosités, on peut découvrir des plantes endémiques comme le pissenlits des Pieniny et le plantain des Pieniny, ainsi que des espèces reliques dont le plus connu est le chrysanthème Zawadzki, assez fréquent sur les rochers des Pieniny et dans l'Oural.

On compte dans le Parc près de 250 espèces d'animaux (par exemple, le lynx, le chat sauvage, le cerf et le renard) et 150 espèces d'oiseaux. La véritable richesse du Parc est constituée d'insectes, surtout de papillons (1600 espèces).

Il est aussi indispensable de faire une excursion au sommet des Trzy Korony (982 m), de Sokola Perc et de Sokolica (747 m), mais aussi dans les monts Male Pieniny. C'est surtout en automne, quand les arbres se teintent de différentes couleurs et quand la vue est dégagée, que les paysages sont les plus beaux. La descente des gorges du Dunajec constitue la plus grande attaction de ces montagnes. D'étroites barques en bois, assemblées par cinq en forme de radeaux, et conduites par un batelier montagnard, mènent depuis 150 ans les touristes au cœur des Pieniny, en leur procurant de fortes émotions. Sur une distance de 15 km, la rivière fait trois grandes boucles en serpentant dans un étroit ravin entre de majestueuses falaises.

On trouve dans les Pieniny non seulement une belle nature, mais aussi de charmants petits villages dont le plus grand, Szczawnica, est aussi une station thermale connue. Les propriétés curatives de ses eaux étaient déjà connues au XVIe siècle. Szczawnica est spécialisée dans le traitement des allergies, des maladies des voies respiratoires et du système digestif. Il ne faut pas manquer non plus Czorsztyn et Niedzica, situées au bord du vaste lac artificiel Zalew Czorsztynski. On trouve à Czorsztyn les ruines d'un château royal datant du XIVe siècle. La colline rocheuse avec les ruines constituent un espace protégé. A Niedzica a été conservé un joli château du XIVe siècle, près du barrage relevant les eaux du Dunajec, construit en 1996 (avec une usine hydroélectrique). Transformé ensuite dans un style Renaissance, il est considéré comme l'un des plus précieux monuments de l'art de la fortification en Pologne.


Photo: www.poland.gov.pl

 

VILLES ET SITES : FAIRE LA FETE ET MEDITER

Cracovie : la vie des caves

Cette ville de tradition millénaire, ancienne capitale polonaise pendant plusieurs siècles, est considérée par de nombreux Cracoviens comme étant encore une capitale. Les habitants opposent à Varsovie, moderne et bruyante, le charme des anciennes ruelles pavées et silencieuses, d'innombrables monuments qui suffiraient à embellir plusieurs villes, de sympathiques musées et cafés, mais aussi une ambiance unique de calme et de magie. Cracovie est une ville d'étudiants: il y en a plus de 100 000, répartis dans 12 écoles supérieures. Grâce à cela, même si c'est une des plus anciennes villes du pays, elle est aussi la plus jeune d'esprit.

Contrairement à Varsovie, Cracovie n'a pas été détruite pendant la Deuxième Guerre mondiale. Tous les anciens bâtiments ont été conservés (certains comme la minuscule église Saint-Adalbert, sur la Place du Marché, où l'église Saint-André, rue Grodzka, datent du haut Moyen Age, Xe-XIe siècles). Les deux plus grandes attractions de la ville sont le Wawel avec un château imposant, résidence des rois polonais, et la Place du Marché, au cœur de la ville, entouré d'anciens hôtels particuliers; c'est le centre de la vie culturelle et sociale des Cracoviens. Le Wawel et la Vieille Ville de Cracovie ont été inscrits sur la première Liste du Patrimoine Mondial de l'UNESCO. Seuls douze monuments dans le monde avaient reçu cette prestigieuse distinction en 1978.

Le Wawel, situé au bord de la Vistule, était déjà habité à une époque qui se perd dans la nuit des temps (en 50 000 av. J.-C., des chasseurs de mammouth avaient des campements sur ce site). Le château royal et la cathédrale, transformée au cours des siècles, forment un mélange de styles Roman, Gothique et Renaissance. La chapelle Sigismond est un chef-d'œuvre de l'art Renaissance. Il est aussi intéressant de visiter Wieza Zygmunta (la Tour Sigismond), où l'on trouve l'énorme bourdon Sigismond, coulé avec des fûts de canons et financé par le roi Sigismond Ier le Vieux en 1520. On ne l'entend qu'à l'occasion des fêtes nationales les plus importantes. Pour le faire sonner, dix personnes sont nécessaires (il pèse 12,7 tonnes) et on l'entend jusqu'à 12 km à la ronde. A la veille de Noël 2000, le battant s'est cassé et plusieurs personnes ont compris cela comme un mauvais présage. Un nouveau battant, pesant 300 kg, a été coulé et monté en quelques mois. Cependant, Sigismond a subi une nouvelle déconvenue, car le sanctuaire mariste de Lichen en Cujavie en a fondu un plus grand.

En se promenant dans le Wawel, on peut sentir l'histoire comme nulle part ailleurs à Cracovie. On y trouve les tombeaux de rois polonais et de personnages illustres, comme Tadeusz Kosciuszko, Jozef Pilsudski ou Wladyslaw Sikorski. Une promenade dans les salles et les appartements royaux, dans la salle du trésor et dans l'arsenal projettent directement dans le passé. Le château du Wawel renferme la collection la plus grande et la plus précieuse au monde de plus d'une centaine de tapisseries datant de la Renaissance.


Wawel. Photo: www.poland.gov.pl

Saviez-vous que...

Selon des croyances hindoues, il existe sur la terre sept mystérieuses sources d'énergie appelées chakram. Elles se trouvent à Jérusalem, Rome, Velehrad, Delphes, La Mecque, Delhi et... à Cracovie, au Wawel. Le chakram produirait des ions négatifs grâce auxquels les gens se sentiraient mieux et plus détendus. L'endroit où l'on a localisé le chakram a été clôturé, car les touristes détruisaient le mur ancestral en le touchant. Mais on peut toujours s'y rendre pour "faire le plein d'énergie".

Rynek Glowny (La Place du Marché) est la plus grande des places médiévales d'Europe (200 m x 200 m). Elle est belle à chaque période de l'année. Aujourd'hui, tout comme il y a des siècles, elle constitue un vrai centre de la vie urbaine, c'est un "salon" culturel, commercial et touristique. Les maisons ne servent pas uniquement d'habitation, on y trouve des cafés, des restaurants, des pubs et des galeries, des magasins et des musées. Les marchandes de fleurs, comme il y a des siècles, tiennent leur stand sur la Place du Marché et les musiciens des rues comptent sur de belles rentrées d'argent. En été, on y trouve aussi des peintres, des marchands de bretzels et des souvenirs, ainsi que d'autres objets plus ou moins utiles. Il y a toujours beaucoup de touristes, d'étudiants, et des volées de pigeons.

Les bâtiments les plus connus de la Place du Marché sont l'église Notre-Dame et la Halles aux Draps. L'église, basilique gothique datant des XIIIe-XVe siècles, renferme un vrai trésor : le plus grand et l'un des plus beaux retables médiévaux d'Europe, réalisé par Veit Stoss. Le retable a 13 m de haut et 11 m de large. Il compte 200 sculptures hautes de 3 cm à 3 m. Le maître-sculpteur y a travaillé durant 12 ans. Enfin, de la plus haute tour de l'église retentit chaque heure une mélodie jouée au clairon et appelée "Hejnal Mariacki ".

La Halle aux Draps de 108 m de long est, à côté du Wawel et de l'église Notre-Dame, l'un des symboles architecturaux les plus connus de Cracovie. Centre commercial depuis le XIIIe siècle, elle joue, aujourd'hui encore, le même rôle. A l'intérieur s'alignent de nombreuses boutiques vendant des souvenirs, des produits d'artisanat et des bijoux (de très beaux objets en argent et d'ambre); c'est bruyant et tumultueux. Non loin de là se trouve la petite église Saint-Adalbert du XIe siècle et le beffroi de l'ancien Hôtel de Ville datant du Moyen Age, qui, endommagé, a été démantelé au début du XIXe siècle.


Les figures de Veit Stoss
Photo: www.poland.gov.pl

Dans la vieille ville on sent non seulement l'histoire de cette ville, mais aussi le goût de la fête, et cette joie de vivre est visible dans les rues et ruelles, où l'on peut trouver plus de 100 restaurants, cafés et pubs. Les cafés de Cracovie, avec leur décor et climat inimitables, constituent un événement sans pareil, comparé au reste du pays. C'est pourquoi, le week-end, de nombreuses personnes y affluent de toutes les parties du pays. En été, les cafés et les pubs ouvrent leurs terrasses sur les trottoirs du centre de la ville et retentissent de milliers de voix et de rires.

Pourtant, il existe encore un autre lieu fascinant dans la ville : Kazimierz, ancien quartier juif, fondé en 1335 par le roi Casimir le Grand (d'où son nom). Autrefois ville à part, elle est aujourd'hui intégrée à la ville de Cracovie. On y trouve des synagogues (la plus ancienne date du XVe siècle), d'étroites ruelles, des maisons basses et un cimetière juif du XVIe siècle. Les juifs en ont été chassés durant la Deuxième Guerre mondiale par les nazis. Au premier abord, le quartier semble gris et dépeuplé, mais ceci n'est que pure apparence. Se promener dans les ruelles étroites et délabrées de ce quartier est une aventure inoubliable. Dans certains endroits, on pourrait croire que rien n'y a changé depuis des siècles. Pourtant, derrière la façade des maisons, se trouvent de nombreux hôtels luxueux et de très bons restaurants servant des plats juifs. Le quartier abonde également en cafés pittoresques avec une ambiance spécifique.


Wieliczka: pays du sel gemme

Certains touristes ne viennent en Pologne que pour visister Wieliczka. La mine de sel, la plus célèbre au monde, est l'un des rares endroits en Pologne inscrits sur la Liste du Patrimoine de l'Unesco (en 1978) et classé monument historique (depuis 1994).

L'histoire de l'extraction du sel à Wieliczka est longue. Les fouilles archéologiques ont démontré que déjà 3000 ans av. J.-C., on exploitait les salines naturelles qui jaillissaient de l'intérieur de la terre. Les bénédictins ont apporté de nouvelles techniques et ce sont eux qui ont creusé les premiers puits; le plus ancien date de 1280.

La mine actuelle est un labirynthe de galeries et de salles souterraines d'une longueur de 350 km. Aujourd'hui, seuls 2 km de galeries sont ouverts au public. Chaque année, 700.000 touristes venant du monde entier les visitent. Ces 2 km de promenades permettent de découvrir 20 salles situées sur trois niveaux, à des profondeurs allant de 64 à 135 m. Il est bon de savoir que les neuf niveaux existants atteignent 342 m de profondeur. On peut y visiter les endroits d'où l'on extrayait le sel, des lacs souterrains et des chapelles d'une extrême beauté, avec des statues et des bas-reliefs exécutés entièrement dans le sel par les mineurs. La chapelle Sainte- Kinga est une perle rare. Elle se trouve à 101 m de profondeur. On peut y admirer de splendides lustres et de nombreuses sculptures.

Cette chapelle, grâce à ses dimensions (54,5 m de long, 10 à 18 m de large et 10 à 12 m de haut), est comme une véritable église.

Au troisième niveau (135 m de profondeur), dans les anciennes salles d'extraction, se trouve un musée de mines de sel qui se veut être le plus grand musée de ce type. L'exposition compte plus de 3000 objets exposés parmi lesquels se trouvent d'anciens outils servant à l'extraction, ainsi qu'une collection de minerais et d'objets d'artisanat. Dans la mine à microclimat spécifique permettant de soigner l'asthme et différentes sortes d'allergies, un sanatorium a été créé au cinquième niveau (211 m de profondeur).


Czestochowa et son tableau miraculeux

Czestochowa est une ville de 260 000 habitants, située au bord de la Warta, au carrefour d'un important réseau routier. C'est la capitale spirituelle du pays. Le monument le plus important de la ville est le couvent des pères Paulins. C'est un ensemble d'architecture religieuse construit au sommet de la colline de la Montagne Lumineuse (Jasna Gora), et qui renferme le tableau de la Vierge Noire, connu pour ses multiples miracles. Quatre millions de pèlerins du monde entier viennent y prier chaque année .

Saviez-vous que ...

Czestochowa est la première ville d'Europe Centrale et d'Europe de l'Est qui a obtenu, en avril 1998, le Prix de l'Europe (50 villes de l'Europe entière ont concouru à ce prix). Czestochowa a été choisie pour sa longue coopération dans le cadre de l'accord entre cinq villes-centres de pèlerinage (Altötting, Fatima, Lorette et Lourdes) qui ont toutes participé au développement et à l'organisation de pèlerinages.

Le but du pèlerinage est le tableau de la Vierge Noire, exposé dans une chapelle du XVe siècle, derrière un rideau de tôle argentée (1673) relevé deux fois par jour. Le tableau change d'aspect : la Vierge Noire porte successivement sept robes décorées de fil d'argent et d'or et incrustées de pierres précieuses. La légende veut que l'image de la Vierge Noire de Czestochowa ait été peinte par saint Luc l'Evangéliste sur une planche venant de la table appartenant à la Sainte Famille. Les cicatrices sur la joue de la Vierge serait la trace d'un coup d'épée qu'elle aurait reçu pendant l'attaque que le couvent a subi en 1430. En vérité, ce tableau miraculeux est une icône byzantine provenant des VIe-VIIIe siècles, parvenue en Pologne après avoir traversé la Ruthénie. Le tableau que nous pouvons admirer aujourd'hui n'est malheureusement qu'une copie de la véritable Madonne, détruite par des brigands. Cette copie est postérieure à 1430 et son auteur a peint deux cicatrices en souvenir du tableau d'origine.

Sur les murs de la chapelle, nous pouvons voir de nombreux ex-voto, offerts par les pèlerins, ainsi que des béquilles laissées là par des personnes miraculeusement guéries. Mais les vraies richesses amassées en signe de reconnaissance se trouvent dans le trésor du couvent. Pour y admirer ces richesses, parmi lesquelles se trouvent des dons des rois polonais, il nous faudrait passer une demi-journée. Les plus anciens objets exposés datent du XIVe siècle. Nombre d'entre eux sont considérés comme des œuvres d'art.


Auschwitz (Oswiecim) : camp d'extermination

Le musée d'Auschwitz ne devrait pas être visité par les enfants. Le camp laisse une forte impression. Par contre, les jeunes et les adultes devraient s'y rendre au moins une fois durant leur vie pour pouvoir, de près, découvrir le témoignage de la plus horrible extermination jamais menée.

Le camp a été aménagé par les nazis en 1940, dans les proches alentours de la ville d'Auschwitz qui, comme le reste de la Pologne, a subi l'occupation nazie pendant la Deuxième Guerre mondiale. Le nom de la ville Oswiecim a été remplacé par Auschwitz, qui est aussi devenu l'appellation du camp d'extermination. Dans les années qui ont suivi, le camp a été élargi en englobant la localité voisine de Brzezinka (Birkenau) .

En 1947, sur le territoire des deux camps : Auschwitz I et Auschwitz II a été aménagé le musée national d'Auschwitz-Birkenau. En 1979, le musée a été inscrit sur la Liste du Patrimoine Mondial de l'Unesco.

Saviez-vous que ...

Juste après la guerre, le Tribunal Suprême a déclaré que, dans ce camp, ont péri 2,8 millions de prisonniers provenant de 30 pays différents. Les recherches postérieures ont limité ce chiffre à 1,1-1,5 millions. 90% d'entre eux sont des Juifs déportés de tous les pays occupés en Europe par les nazis. En deuxième place se trouvent les prisonniers polonais (140 000) dont la moitié a péri. A peu près 20000 Roms de plusieurs pays d'Europe et plus de 10000 prisonniers soviétiques, ainsi qu'environ 10000 prisonniers d'autres nationalités y ont été enfermés. Découvrir le nombre exact des victimes d'Auschwitz semble impossible compte tenu du fait que, pour effacer les traces de leur crime, les nazis ont détruit la plupart des documents existants. Ajoutons qu'un grand nombre de prisonniers ont été dirigés vers les chambres à gaz directement après leur descente des trains, sans être inscrits sur les listes officielles.

A l'entrée du camp, on peut lire l'inscription suivante : "Arbeit macht frei", "Le travail rend libre", phrase reprise dans de nombreux films et photographies. Plus loin, une dizaine de bâtiments de briques rouges servaient d'habitation aux prisonniers. Les objets ayant appartenu aux disparus et aujourd'hui exposés dans le musée paralysent les visiteurs. Il est impossible de rester indifférent en voyant ces tas de jouets, arrachés aux enfants exterminés dans le camp, les chambres à gaz et les fours crématoires, la cellule de la mort où a péri un franciscain du nom de Maximilien Kolbe, échangeant sa vie contre celle d'un autre prisonnier.

La localité voisine est encore plus impressionnante. C'est ici que les nazis ont organisé le plus grand camp d'extermination jamais vu, comportant plus de 300 baraques en bois à l'aspect austère, quatre chambres à gaz et quatre fours crématoires. On n'y trouve aucune exposition, seul l'état des lieux suffit à imaginer l'état d'avilissement des victimes et l'échelle des crimes commis.


Zakopane: ville et village

Capitale de la région des Tatras et de Podhale (730 à 1000m d'altitude), c'est une station thermale à la mode, qui se caractérise par son aspect alpin.

Zakopane est devenue célèbre au début du XXe siècle. Il était bien vu d'y séjourner pour pouvoir s'en vanter par la suite. A partir de la fin du XIXe siècle, la bohème polonaise s'y rendait : poètes, peintres, écrivains et sculpteurs ont contribué à développer l'atmosphère spécifique de la ville et y ont laissé leur trace en donnant leur nom à diverses rues et à de belles maisons montagnardes. De nombreuses œuvres témoignent de leur présence en ces lieux. Aujourd'hui encore, il est de bon ton d'y venir, comme cela l'est à Saint-Moritz dans les Alpes. De nombreux touristes, sac au dos, parcourent la ville et les sommets voisinants, sauvant ainsi la ville de cette ambiance snob qui lui fait de l'ombre.

Sur les 30 000 personnes qui y habitent, environ 5000 descendent de célèbres familles montagnardes vivant au XIXe siècle. Zakopane nous a toujours fascinés par son ambiance particulière. C'est une ville étrange : à côté de quelques rangées de maisons basses, construites pour la plupart au début du siècle précédent, s'élèvent de belles villas, des pensionnats, des maisons individuelles et d'autres en bois dont bon nombre sont de véritables perles d'architecture montagnarde.

A partir du XIXe siècle jusqu'aujourd'hui, les maisons montagnardes richement décorées, avec leur toit en pente et leur véranda, sont l'objet des rêves de riches bourgeois aussi bien polonais qu'américains. En nous promenant à travers la ville dans ses rues tranquilles, nous pouvons imaginer que nous nous trouvons dans un musée en plein air bien entretenu.

La rue principale de Zakopane, Krupowki, est l'une des rues piétonnes les plus célèbres en Pologne. Pendant toute l'année, une foule barriolée s'y promène. Les magasins et restaurants, cafés et pubs sont nombreux. Sur les étalages, on vend des souvenirs et des fromages de chèvre fumés (oscypki). L'emplacement de la ville ainsi que les bâtiments qu'on y a construits nous empêchent souvent de voir les sommets des montagnes. C'est le mont Giewont, le plus caractéristique des Tatras, qui apparaît en premier aux yeux des touristes.

Saviez-vous que ...

Le mont Giewont, malgré sa faible hauteur (1894 m) est le sommet le plus connu des Tatras et le symbole de Zakopane; cela est dû à sa forme. Vu du côté de Zakopane, il rappelle la silhouette d'un homme allongé. La légende dit que Giewont est un chevalier endormi qui se réveillera quand le pays sera en danger. Ce sommet s'élève en plein milieu de la chaîne des Tatras; dans les temps anciens, il servait d'horloge aux montagnards de Zakopane et les aidait à prévoir le temps qu'il fera. En 1901, pour commémorer le début du nouveau siècle, une croix de 15 m de hauteur a été fixée sur le " nez " du chevalier.
 

En séjournant à Zakopane, nous pouvons gravir les pentes sans trop d'effort: deux funiculaires nous y amènent, l'un à rail pour monter à Gubalowka (1120 m) et l'autre, un téléphérique, nous permet d'accéder à Kasprowy Wierch (1987 m). Pour respirer à pleins poumons, il suffit de nous éloigner de quelques kilomètres de Zakopane afin de découvrir de ravissants petits villages. C'est dans cette partie du pays que les touristes cherchent à se loger pendant les vacances. On y entretient avec soin un vrai folklore montagnard. Le dimanche, une foule d'habitants en habits traditionnels se dirige vers une des anciennes églises en bois, tandis que, après la messe, ils se rendent dans les petites auberges des alentours pour y parler le patois montagnard et y écouter de la musique folklorique.


Photo: www.poland.gov.pll

Source: www.poland.gov.pl

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