LA MAZOVIE ET LA PODLACHIE
Située au centre de la Pologne, sur les deux rives de la Vistule,
Mazowsze (la Mazovie) est une région chargée d'histoire et très
intéressante du point de vue ethnographique qui s'étend sur la Plaine
de Mazovie, l'un des plus vastes espaces géographiques polonais. Nizina
Podlaska (la Plaine de Podlachie), dans le bassin de la Narew, de la Biebrza
et du Bug moyen, constitue son prolongement naturel.
La Mazovie est l'une des plus anciennes régions historiques polonaises.
Ces terres appartenaient au royaume des Piast déjà à l'époque
du premier souverain polonais, Mieszko Ier. Au XIIe
siècle, transformées en duché mazovien, elles sont devenues indépendantes
du point de vue politique (c'est de cette époque que datent les puissants
châteaux forts et les magnifiques églises de la région). Toutes les terres
de Mazovie et de Podlachie ont été rattachées à la Pologne au XVIe
siècle, passant ainsi sous le règne de Sigismond III Vasa.
Cette période correpond aussi à l'épanouissement des villes situées
le long des grandes voies commerciales : Varsovie, Pultusk, Plock
et Lomza. Varsovie, située au centre de la Pologne, devint alors un centre
politique, économique et culturel, et Sigismond III Vasa transféra en
1596 le siège de la royauté de Cracovie à Varsovie.
Le XVIIe siècle est marqué par les guerres et les épidemies.
La nouvelle capitale est ravagée, pillée et depeuplée (il ne reste qu'un
dixième de ses vingt mille habitants). Au XVIIe siècle,
le roi Auguste II le Fort puis le roi Stanislas Auguste Poniatowski rebâtissent
Varsovie, en veillant surtout à la beauté de son aménagement. Poniatowski,
grand mécène de l'art et ami des artistes, fait venir à
Varsovie des architectes de grand talent qui élaborent les projets de
nouveaux bâtiments et remodèlent les anciens. Peu de temps après,
lors du démembrement de la Pologne, les terres de Mazovie et de Podlachie
sont partagées entre l'Autriche et la Prusse. En 1807, elles font partie
de la Principauté de Varsovie et, à partir de 1815, du Royaume
de Pologne. Enfin, après 123 années d'occupation, Varsovie redevient
la capitale d'un Etat indépendant, un centre de vie scientifique et culturelle
à l'échelle mondiale. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle
est pratiquement rasée par les nazis. Reconstruite après la guerre,
elle n'a jamais retrouvé son ancien aspect, en devenant une ville avant
tout moderne, où il faut rechercher patiemment des traces du passé.
Saviez-vous que...
Varsovie devint capitale de la Pologne
en 1596. Le siège de la royauté se trouvait auparavant à
Gniezno, puis à Poznan et, durant cinq siècles, à
Cracovie.
Varsovie est sans aucun doute le plus grand pôle d'attraction de la Mazovie,
avec ses monuments, ses musées, ses théâtres, ses galeries d'art et ses
commerces. Zelazowa Wola est le second site touristique jouissant
d'une renommée internationale. Cependant, la ville de Lodz mérite
aussi le détour, avec sa grande rue piétonne, la rue Piotrkowska, sans
doute la plus longue voie commerciale d'Europe, abritant une multitude
de cafés, de boîtes de nuit et de restaurants.
Mais la Mazovie et la Podlachie sont surtout réputées pour leur mileu
naturel absolument unique en Europe.
LA NATURE: LES FORETS ET LES MARECAGE
Le paysage de la Plaine de Mazovie est plat, monotone, parsemé uniquement
de rangées de saules plantés le long des petites rivières et des
ruisseaux. A l'époque du Moyen Age, une grande partie de la région était
couverte de forêts, où se déroulaient des parties de chasse.
Les choses ont bien changé aujourd'hui : la Mazovie, devenue plate
et agricole, est une des régions les moins boisées de Pologne (18,9%),
où l'on trouve néanmoins des vestiges des anciennes forêts.
La nature de la Podlachie pourrait faire l'objet d'un chapitre à
part. Au nord-est de la capitale s'étendent de vastes terrains boisés
peu fréquentés par les touristes, avec de nombreux sites exceptionnels,
tels que Puszcza Bialowieska (la Forêt de Bialowieza), qui a quasiment
conservé son aspect primaire, ou les marécages de la vallée de Narwia
et de Biebrza, avec leurs trésors de faune et de flore.
La Forêt de Kampinos: des dunes et des élans
La partie nord-ouest de Varsovie voisine avec la superbe Forêt
de Kampinos. La proximité d'un terrain protégé de cette importance avec
une grande ville est rare à l'échelle mondiale. Les vents, soufflant
principalement de l'ouest, apportent à la capitale l'air pur du
cœur de la forêt. Les spécialistes estiment que c'est pour
cette raison que la ville échappe aux catastrophes écologiques. En 1959,
la forêt est devenue Parc National (Kampinoski Park Narodowy),
le deuxième plus grand parc national en Pologne (38500 ha).
Le parc a été constitué pour protéger un ensemble de dunes où
poussent plus de 60 espèces de plantes protégées, et où
vit une faune unique. Une forêt de pins pousse dans le sable, et
des genévriers occupent les sous-bois. Dans les vallées, entre les dunes,
on trouve beaucoup d'arbres à feuilles, dont des aulnes, des bouleaux
et des frênes. Le bouleau noir est une singularité botanique. Les
sous-bois se couvrent au printemps d'anémones blanches, et les marécages
de boutons d'or et d'iris.
Jadis, la forêt était peuplée d'énormes aurochs, d'ours et de bisons.
Les élans, qui avaient disparu au début du XIXe siècle,
y ont été réintroduits ; ramenés d'URSS, ils semblent s'être acclimatés
pour de bon, car il y en a aujourd'hui plus de 150. La forêt est
également habitée par des sangliers, des chevreuils, des renards, des
blaireaux, des hermines et des belettes, des martres et des putois. En
1980, on y a réintroduit des castors - il y en a environ une centaine
actuellement -, puis des lynx - une vingtaine actuellement. Les marécages
abritent des oiseaux comme les grues, les hérons argentés et les cigognes.
Les espèces les plus précieuses du monde animal et végétal sont
protégées dans 23 réserves.
Des réserves et des parcs paysagers ont également été créés dans les
forêts Kamieniecka, Kurpiowska, Biala et Bolimowska. Dans cette
dernière, plus exactement dans la forêt Jaktorowska, aujourd'hui
disparue, le dernier aurochs de Pologne a été abattu en 1627.
Saviez-vous que...
L'aurochs, mammifère puissant (3,2
m de long, hauteur au garot 1,90 m, poids 800 kg) appartenait à
la famille des cervidés. Cet ancêtre du bovin domestique, peuplant
jadis les forêts d'Eurasie et d'Afrique, a vécu le plus longtemps
en Mazovie, jusqu'au XVIIe siècle. Il était protégé
à partir du XIVe siècle (le roi était seul habilité
à le chasser), mais déjà vers la moitié du XVIe
siècle, le troupeau ne comptait plus que cinquante spécimens. Le
dernier aurochs a été abattu en 1627.
La forêt de Bialowieza: le royaume du bison
La Forêt de Bialowieza est située a 200 km environ au nord-est
de Varsovie. En Europe, c'est le dernier vestige naturel de forêt
en plaine. Elle couvre un espace de 150 000 ha (65 000 appartiennent à
la Pologne, le reste à la Biélorussie). Bialowieski Park Narodowy
(Le Parc National de Bialowieza), le plus ancien de Pologne, créé en 1932,
est incrit sur le registre des Réserves de la Biosphère et figure
sur l'inventaire du Patrimoine Mondial Naturel de l'UNESCO ; il est
le seul en Pologne à faire partie de ces deux inventaires. Les
écologistes se battent depuis longtemps pour que toute la forêt
obtienne le statut de réserve naturelle, comme c'est le cas du côté
biélorusse. Actuellement, moins de 20% de la forêt sont protégés,
mais les appels des écologistes n'ont pas encore obtenu de réponse.
Certaines données sont véritablement impressionnantes : le Parc
National compte 21 espèces d'arbres (la forêt entière
en comporte 26) et 56 espèces d'arbustes. La flore comporte presque
5000 espèces, dont 3000 espèces de champignons (420 à
chapeau), 277 espèces de lichens et presque 200 espèces
de mousses. Certaines de ces espèces ne vivent que dans la Forêt
de Bialowieza. On a denombré pour l'instant 11 599 espèces animales,
dont 9284 espèces d'insectes. Les bisons sauvages sont les plus
célèbres représentants de la faune de cette forêt, mais on
y trouve également des loups, des lynx, des élans, des sangliers, des
loutres et des hermines. La forêt est également une réserve naturelle
d'oiseaux. Les cigognes noires, les grues, les coqs de bruyère,
les tétras, les hiboux blancs et les chats-huants règnent dans
ces lieux, et n'attirent pas uniquement les ornitologues.
Le bison est le plus grand mammifère européen (2,70 m de long,
hauteur au garot 1,80m, poids 850 kg). Le troupeau polonais compte environ
700 animaux sur un total de 3000 dans le monde. Le bison, inscrit sur
la liste des espèces en voie de disparition du Livre Rouge de l'Union
Internationale pour la Protection de la Nature et de ses Richesses, est
une espèce entièrement protégée dans tous les pays .
Saviez-vous que...
Les derniers bisons vivant depuis des
siècles dans la forêt ont disparu en 1919. En 1923, l'initiative
du professeur Jan Sztolcman a permis de créer l'Association Internationale
de Protection du Bison, avec son siège à Francfort-sur-le-Main,
qui s'est donnée pour objectif de reconstituer un troupeau naturel à
Bialowieza, à partir de seulement trois individus vivant en captivité.
Après la guerre, les bisons ont été remis en liberté, et le troupeau
compte actuellement 450 spécimens environ, dont 240 en Pologne.
En dehors du Parc National de Bialowieza, la forêt compte 21 réserves
naturelles, dont une Réserve d'Observation Animale. Les animaux y vivent
dans de grands espaces clos, dans des conditions proches de leur milieu
naturel. Le bison est naturellement la plus grande attraction du parc,
mais on peut y voir également des sangliers, des élans, des loups, des
chevreuils, des cerfs, de puissants zubrons (croisement de bison
et de bovin domestique), et des petits chevaux polonais.
Le village de Bialowieza mérite l'attention, avec ses vieilles
maisons en bois et son église orthodoxe (la majorité des 2.000 habitants
est orthodoxe). C'est un lieu touristique, mais également un centre scientifique,
peut-être même l'endroit oú le taux de personnes instruites
est le plus élevé de Pologne; le pourcentage de chercheurs (surtout des
naturalistes) y est en effet extrêmement élevé.
Une des curiosités du coin est le Site de la Force (Miejsce Mocy),
non loin de Bialowieza. Entre des chênes et des pins, dont les troncs
semblent être issus de la même racine, se trouve un cercle
de pierres. Les radiesthésistes estiment qu'il produit un champ magnétique
extrêmement puissant, bénéfique pour l'homme. Cette énergie surprenante
élimine la fatigue et apaise la douleur. Les radiesthésistes ont déterminé
que Bialowieza était située sur une ligne de rayonnement magnétique qui
parcourt l'Europe et qui relie, entre autres, Gniezno avec un endroit
de culte légendaire dans les montagnes du Hartz, et la chapelle westphalienne
de la secte des Cathares à Druggelte.
La Narew et la Biebrza : l'Amazonie polonaise
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La partie nord-est de la plaine de Podlachie est l'un des endroits
les plus beaux et les plus sauvages du pays. Dans les vallées de
la Biebrza et de la Narew se trouve la tourbière naturelle
la plus grande et la mieux conservée d'Europe. Elle est inscrite
dans la Convention Internationale RAMSAR, qui protège
les espaces marécageux particulièrement importants pour les
oiseaux de couvaison et de passage. Cet endroit fait également partie
du Parc National de Biebrza (59 000 ha), le plus grand parc
national de Pologne.
Le parc comporte des plans d'eau, des marécages, des broussailles
et des roseaux. La végétation y pousse par aires : le bord de la
rivière appartient aux roseaux, puis on peut voir des terrains
de débordement, ensuite des terrains herbeux avec des fourrés, et
enfin des couches de mousse et de laiche sur les tourbières.
C'est ici que l'on rencontre des vestiges de l'époque glaciaire,
tels que la saxifrage, la drosère, la pédiculaire royale
et la brise d'Anjou. Derrière se trouvent des aulnes, des
fourrés de petits bouleaux et des forêts de pins.
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Lever du soleil au bord
de la Biebrza
Photo:GA
www.poland.gov.pl |
Dans les marécages de Biebrza ("Czerwone Bagno"), 500 élans vivent sur
2500 ha. C'est le plus gros troupeau de Pologne. Il y a également des
castors, des bisons, des cerfs, des chevreuils, des sangliers et des loutres,
ainsi que des loups, des renards, des blaireaux, des chiens viverrins,
des martres et des putois. Pour les ornitologues, Biebrza et ses alentours
sont un paradis. Ils accueillent 269 espèces d'oiseaux, dont 178
de couvaison. Une quantité d'oiseaux migrateurs y fait escale au printemps
et en automne. Les espèces d'oiseaux d'eau et de marécage sont
évidemment les plus nombreuses : il y a des mouettes, des hirondelles
de mer, des cygnes sauvages, de nombreuses espèces de canards,
des oies sauvages et des grèbes, ainsi que des cigognes noires
et blanches, des hérons blancs, des grues. Avec un peu de chance, on peut
apercevoir des aigles blancs, des aigles à large bec, des grands-ducs
et des hiboux blancs.
Saviez-vous que...
Biebrzanski et Bialowieski Park Narodowy
(les parcs nationaux de la Biebrza et de Bialowieza) participent à
l'action PAN PARK (Protection Area Network) destinée à la promotion
du réseau des parcs nationaux dans le monde.
Une partie de la vallée de la Narew est appelée " Amazonie polonaise ".
C'est un havre de paix, découvert depuis peu par les touristes. Les villages
et les petites villes semblent comme endormis, loin du tumulte de la civilisation
moderne. Les habitants commencent seulement à découvrir les richesses
touristiques de leur région et semblent s'étonner parfois qu'une descente
en barque (équipée d'un aviron ou d'une perche de 4,5 m) puisse être
une véritable attraction. Ceux qui y passent leurs vacances trouvent le
repos en admirant le paysage et en écoutant le gazouillis des oiseaux
et le crôassement des grenouilles.
Le Parc National de Narwia (7350 ha) a obtenu ce statut en 1996,
c'est le plus récent parc national en Pologne. C'est le royaume des oiseaux
(plus de 200 espèces), dont la bécassine double, le chevalier combattant,
le canard siffleur, la chloropsis. Les ornitologues s'intéressent avant
tout aux hirondelles de mer noires, aux butors, aux bécasses et aux godwits
noirs. Des espèces en voie de disparition, telles que les râles
et les fauvettes aquatiques s'y reproduisent. C'est aussi le domaine de
mammifères comme les loutres et les castors. Quelques élans se
promènent dans le parc. Il y a également des martres, des hermines
et des belettes. On trouve aussi des libellules et des amphibiens : des
grenouilles rieuses, des sonneurs de plaine et des tritons. Plus de 20
espèces de poissons peuplent les eaux (brochets, perches, tanches,
carpes, brêmes et silures).
Les environs de la Biebrza et de la Narew sont sauvages, mais accessibles.
Les hôtels, les pensions, les chambres d'hôte (tourisme vert) et les campings
sont nombreux. L'abondance de l'eau n'est pas un obstacle pour les randonnées.
Les deux rivières sont navigables en canot et en kayak, c'est d'ailleurs
la meilleure façon de visiter le parc. Important : il ne faut sous
aucun prétexte manquer de voir un lever du soleil sur la Biebrza, c'est
un souvenir inoubliable.
LES VILLES ET LES SITES: LE CENTRE DU PAYS
Varsovie: entre gratte-ciel et parcs
Avant la guerre, Varsovie était nommée le Paris du nord de l'Europe.
Après 1945, c'est devenu une ville laide, souffrant toujours d'être
comparée à Cracovie, son éternelle rivale. Varsovie est sans doute
une ville différente, moins ordonnée et moins cohérente dans sa construction.
Elle a été pratiquement rasée lors de la Seconde Guerre mondiale et reconstruite
de façon chaotique. Le rythme de la reconstruction a entraîné l'apparition
de grands espaces vides, a laissé des sites inachevés, et en a fait une
ville peu accueillante. La ville rappelle aujourd'hui un patchwork gigantesque
où, sur une pièce de drap brun, on aurait cousu des bouts
de tissus de couleur. Le plus beau tissu, ce sont les palais, les églises,
les statues, certaines maisons, parfois une rue harmonieuse, tous restaurés
avec soin, et coincés entre des bazars et des immeubles laids. A vrai
dire, il est aujourd'hui difficile de définir où se trouve le centre;
il n'existe ni sur la carte, ni en réalité. On dit souvent qu'il se trouve
aux environs du Palais de la Culture, bien que d'autres considèrent
que le centre se trouve près de la rue Nowy Swiat ou dans la Vieille
Ville.

Warszawa (Varsovie), la Vieille Ville. Photo: J.
Lamparski, www.poland.gov.pl
La plus grande ville de Pologne (1,8 millions d'habitants) ne cesse de
s'agrandir. La vie y est beaucoup plus rapide qu'ailleurs. Des files de
voitures bloquées dans des embouteillages paralysent la circulation. Des
immeubles de bureaux en verre et en acier ainsi que des centres commerciaux
y poussent comme des champignons. Heureusement, Varsovie possède
de très beaux parcs et des endroits romantiques, mais il faut le
savoir.
Saviez-vous que...
Le Palais de la Culture et la Science,
symbole de Varsovie, a été élevé dans les années 1952-1955 d'après
le projet d'un architecte soviétique; il était présenté comme un cadeau
du peuple soviétique à la Pologne. Il reste toujours le plus grand
bâtiment du pays. Il mesure 231 m de haut et possède 42 étages.
C'est aussi le 6e bâtiment d'Europe, après la Tour Eiffel
(300 m), la Commerzbank Tower (258 m) et la Messeturm à Francfort
(256 m), et le Canary Wharf Tower à Londres (236 m). Le Palais
a des concurents : on y construit sans répit des gratte-ciel, et
le projet du European Trade Center prévoit la construction d'un bâtiment
de 270 m.
La Vieille Ville a été édifiée au tournant du XIIIe
et du XIVe siècle. Elle a été détruite à 90%
en 1944, lors de l'insurrection de Varsovie. Les maisons de couleur entourées
d'un mur de brique rouge, les tours flamboyantes des églises et le bloc
massif du Château Royal, tout ce que l'on peut admirer aujourd'hui dans
la Vieille Ville est le résultat de l'effort de reconstruction de l'après-guerre.
En 1980, la vieille Ville a été inscrite sur la liste du Patrimoine National
de La Culture de l'UNESCO, comme exemple de reconstruction fidèle
avec conservation des vestiges.
La colonne Sigismond sur Plac Zamkowy (la Place Royale) est unique en
son genre: c'est un des plus anciens monuments laïcs de Pologne (1644).
Elle représente le roi Sigismond III Vasa qui, en 1567, a déplacé la capitale
polonaise de Cracovie à Varsovie. La statue du souverain a échappé
aux destructions de la guerre, bien qu'elle ait perdu sa main et son sabre.
Mais le Château Royal, dont l'histoire commence au XIIIe siècle,
résidence des rois de Pologne à partir du XVIe siècle,
a été détruit par les nazis à la fin de la guerre. Le bâtiment
actuel a été reconstruit à partir de ses décombres, dans les années
1971-1984, grâce à la contribution des citoyens polonais. Il a
retrouvé l'apparence et le faste des intérieurs qu'il avait au XVIIe
siècle. Beaucoup estiment qu'il ne souffre pas la comparaison avec
la résidence royale du Wawel à Cracovie, mais il reste néammoins
d'un grand interêt pour les touristes qui visitent la capitale.
La promenade qui mène par les rues de Varsovie, Krakowskie Przedmiescie
(la plus belle rue), Nowy Swiat (la plus élégante) et les allées Ujazdowskie
(animées, mais gardant leur ancien charme), nous conduit vers la perle
de Varsovie: le Parc Lazienki. Il est considéré comme étant le plus beau
parc de Pologne, et peut-être d'Europe. Cet ensemble architectonique
doit sa construction au roi Stanislas Auguste Poniatowski. Celui-ci acheta
en 1766 le Palais Ujazdowski, avec son bestiaire et ses bains situés au
milieu de l'étang. Durant les trente années qui ont suivi, les meilleurs
architectes, notamment Dominique Merlini, ont élévé dans l'ancien bestiaire
des pavillons et de petits palais, et ont constitué un parc décoratif.
C'est alors que l'on a créé des étangs, des espaces fleuris, et dessiné
de petits sentiers se faufilant entre les arbres et les arbustes.
Dans la partie centrale du parc, entre les allées où s'amusent
avec insouciance les écureuils, se trouve un grand étang. Un des plus
beaux palais de Varsovie s'élève sur une petite île. La résidence
royale, élégante et légère, a été nommée le Palais sur l'Eau, du
fait de son emplacement. La grande terrasse du palais est décorée de nombreuses
statues, d'une fontaine et d'une horloge solaire. Des paons se promènent
parmi les fleurs, et les escaliers descendant vers l'eau permettent de
jetter de la nourriture aux canards et aux cygnes. C'est sur le terrain
du Parc que se trouve le Belvédère, siège du président de
la République de Pologne. Le petit jardin botanique, entretenu avec grand
soin, mérite également la visite, avec ses 7000 espèces de plantes
et surtout avec l'émouvante place où s'élève une grande
statue de Frédéric Chopin, connue comme symbole du Concours Chopin. La
statue date de 1926, mais les nazis l'ont fondue dans une aciérie et aujourd'hui
nous ne pouvons en voir qu'une copie. Elle se trouve au bord d'un étang,
entouré d'un jardin de roses. C'est dans ce magnifique décor que se déroulent,
du printemps à l'automne, de nombreux concerts.
Zelazowa Wola : le manoir de Chopin
Le petit village situé sur les bords de la Utrata est un des endroits
les plus visités de la Mazovie. C'est ici qu'est né, le 1ermars
1810 (ou comme le veulent certains le 22 février 1810), Frédéric Chopin.
Le domaine appartenait à cette époque à la famille Skarbek.
Le père de Frédéric, Nicolas Chopin, était gouverneur des enfants
des propriétaires, tandis que Justyna Krzyżanowska, son épouse, leur était
apparentée. La famille de Chopin a déménagé pour Varsovie lorsque le futur
compositeur n'avait que six mois, mais Frédéric passait souvent ses vacances
et les fêtes familiales à Zelazowa Wola. Il y a séjourné
pour la dernière fois en 1830, avant de s'exiler définitivement.
Aujourd'hui il ne reste de l'ancien manoir que l'annexe gauche ;
c'est d'ailleurs là que Fréderic Chopin a vu le jour. Une association
créée pour l'occasion a racheté le bâtiment en ruines, pour y commencer,
en 1928, des travaux de rénovation qui lui ont donné sa forme actuelle
de gentilhommière polonaise. C'est une maison en bois, avec un
toit à bardeaux, avec deux petites colonnes à l'entrée,
couverte de feuilles de vigne. Le manoir de Zelazowa Wola, souvent reproduit
sur les photographies, a incontestablement un caractère polonais.
Les six chambres sont décorées avec des meubles et des objets de l'époque.
Les meubles originaux de la famille n'existent plus, et le fait d'avoir
attribué les chambres aux membres de la famille n'a qu'une importance
symbolique. On peut y admirer les portraits de la famille Chopin, lec
actes de mariage de ses parents, son acte de naissance et de baptême.
Il y a, bien entendu, un piano pour les concerts du dimanche.
Le manoir est entouré d'un magnifique parc, édifié dans les années 1931-1937,
où poussent plus de 500 espèces d'arbres et d'arbustes.
Łódź: la Terre promise
Łódź est la seconde ville de Pologne par le nombre de ses habitants (800
000). Village agricole pendant des siècles, elle s'est transformée,
au début du XIXe siècle, en centre important de l'industrie
textile. Beaucoup d'immigrés (des marchands, des industriels, des architectes),
surtout allemands et juifs, ont peuplé la ville, appelée " terre
promise " - avant la Seconde Guerre mondiale ils constituaient 50%
de la population. Des bâtiments industriels, peut-être les plus
grands au monde à cette époque, y poussaient comme des champignons,
côtoyant de somptueuses villas, des palais, et des centaines d'immeubles
qui constituent les monuments historiques de la ville d'aujourd'hui. Les
grands ensembles industriels, comprenant le manoir du propriétaire, l'usine
et des maisons familiales des ouvriers, méritent particulièrement
de l'attention.
Saviez-vous que...
Artur Rubinstein (1887-1982), pianiste
mondialement connu, est né à Lodz.
Le développement de la ville a été freiné par le début de la Première
Guerre mondiale. Les Allemands occupant la ville ont fermé la majorité
des usines et ont emporté ou détruit les machines qui se trouvaient à
l'intérieur. Une partie des usines a été successivement remise en marche
après la fin des hostilités, mais aucune d'entre elles n'a retrouvé
son ancienne grandeur.
La ville a cependant gardé la rue Piotrkowska, considérée comme étant
la plus longue voie commerciale d'Europe (4 kilomètres de
bâtiments ininterrompus). C'est aussi la rue la plus connue de
Pologne, et certains touristes ne se rendent à Lodz que pour la
visiter. C'est là que se trouvent les bâtisses les plus représentatives
de la ville, appartenant jadis à de riches industriels en quête
de nouvelles idées et de faste. Depuis quelques années, la rue vit un
véritable renouveau. Elle tient le rôle que joue la place du marché dans
d'autres villes (Lodz ne possède pas de Vieille Ville, contrairement
aux autres grandes villes polonaises): c'est là que se déroulent
les concerts, les compétitions sportives, les spectacles des théâtres
de rue, les happenings. C'est également là que se trouve la plus
grande concentration de pubs, de boîtes de nuit et de restaurants, surtout
entre le Passage Schiller et la rue Moniuszko : chaque porte et chaque
immeuble en cachent plusieurs. On nomme cet endroit le triangle des Bermudes,
car il est facile de s'y perdre, peut-être pas pour toujours, mais
pour quelques bonnes heures au moins.
Lodz est également le centre cinématographique du pays. Elle possède
une école de cinéma réputée qui a formé de grands artistes parmi lesquels
des célébrités comme Krzyszof Kieslowski, Andrzej Wajda (lauréat de l'Oscar)
ou Roman Polanski (Palme d'Or à Cannes). Une partie de la rue Piotrkowska
est transformée en allée de la Gloire : c'est là que Jerzy Hoffmann,
Agnieszka Holland, Jan Machulski et Andrzej Seweryn ont leur étoile, comme
à Hollywood.
Peu de personnes savent qu'à Lodz se trouve le plus grand
cimetière juif d'Europe Centrale et l'un des plus grands au monde.
Sur 40 hectares, il reste environ 200 000 tombes des années 1893-1939.
Certaines sont très grandes et, sur plusieurs sépultures, on retrouve
des motifs antiques ou art nouveau. Plusieurs centaines d'entre elles
sont classées monument historique.
Source: www.poland.gov.pl

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