LA SILESIE
Région chargée d'histoire et très intéressante du point de vue
ethnographique, Slask (Silésie) occupe la partie sud-ouest de la Pologne,
dans le bassin de l'Oder haut et moyen et en partie dans le bassin de
la haute Vistule. Cette région, qui se divise en Haute et Basse Silésie,
s'étend sur 8 % du territoire national et regroupe le quart de la
population polonaise.
Pendant des siècles, ce territoire fut un motif de discorde entre
les Polonais et les Allemands. Suite à la défaite allemande
de la Seconde Guerre mondiale, la Silésie tout entière s'est trouvée
sur le territoire national polonais. Les habitants d'origine allemande
furent exilés, laissant la place aux déplacés ou réfugiés venus de l'est
du territoire perdu par la Pologne au profit de l'Union Soviétique, à
l'issue de la guerre. La région connut ensuite une période difficile :
les nouveaux venus ont longtemps continué à se sentir étrangers
et à considérer leur présence comme temporaire, alors qu'en
même temps, la forte expansion de l'industrie lourde dans la région
polluait gravement l'environnement. C'est seulement le changement de régime,
en 1989, qui entraîna des investissements écologiques, ainsi que la mise
en place d'initiatives à caractère régional. Les monuments
allemands sont désormais reconnus à leur juste valeur, les
cités historiques retrouvent progressivement leur ancienne splendeur.
L'infrastructure touristique se développe et les anciens liens germano-polonais
connaissent un nouvel essor sur les territoires limitrophes.
Malgré la densité de la population et la forte industrialisation, ce ne
sont pas les sites naturels de toute beauté ni les paysages sauvages qui
manquent. Les Sudètes et le Beskide Silésien attendent les amateurs
de montagne. Les amoureux de la forêt trouveront la paix et le silence
au fond de Bory Dolnoslaskie (la Forêt de Basse Silésie). Les villes
historiques, avec Wroclaw et Klodzko en tête, attendent les amateurs
des monuments. Les routes sont bonnes, les transports bien développés
et le niveau de l'infrastructure touristique satisfaisant.
Saviez-vous que...
C'est en Silésie, à Wisla,
qu'en 1977 est né Adam Malysz, le plus grand champion de saut à
ski de l'histoire du ski polonais. En 2001, il a remporté la Coupe
du Monde, la prestigieuse Tournée des Quatre Tremplins et la médaille
d'or aux Championnats du Monde. En 2002, aux Jeux Olympiques de Salt Lake
City, il a remporté deux médailles, une d'argent et une de bronze.
Il a également triomphé dans la Coupe du Monde et aux Championnats du
Monde en 2003.
LA NATURE: SOURCES THERMALES AU MILIEU DES MONTAGNES
Malgré la forte industrialisation de la région, la nature a conservé
un grand nombre de sites exceptionnels, dont la Forêt de Basse Silésie.
Ce domaine forestier, le plus vaste en Pologne (150 000 hectares)
et l'un des plus importants en Europe Centrale, présente un paysage diversifié
avec ses collines postglaciaires, ses rivières au fond des vallées,
ses lacs et ses tourbières. Les forêts, essentiellement de
pins, offrent un abri à des oiseaux rares tels que le coq
de bouleau, le coq de bruyère, le pygargue à queue
blanche et la cigogne noire.
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Les pistes touristiques mènent vers de beaux endroits, faisant
souvent partie de réserves naturelles. Nous y trouverons le plus
ancien des chênes polonais, Chrobry, de 10 mètres de
circonférence, vieux de 750 ans. A la lisière de la forêt
on peut découvrir des manoirs, des églises et des cloîtres historiques,
ainsi que des musées en plein air. Les touristes passent souvent
à tort à côté de cette forêt, car aussi
bien les sentiers de randonnée que la base touristique méritent
leur attention. Pourtant, ce sont les montagnes de Silésie qui présentent
le plus grand attrait aux yeux des amateurs de la nature.
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Góry Stołowe
Photo: P. Fabijanski
www.poland.gov.pl |
Le Beskide Silésien: aux sources de la Vistule
C'est la partie la plus avancée à l'ouest des Beskides polonais,
l'une des chaînes les plus intéressantes et les mieux aménagées. Un réseau
dense de sentiers de randonnée balisés et de beaux refuges attendent les
randonneurs ; les skieurs trouveront de nombreux remonte-pente et pistes
de ski. Des téléphériques et des télésièges permettent d'atteindre
certains sommets du Beskide Silésien, tels Szyndzielnia, Skrzyczne ou
Czantoria, ce qui est apprécié par certains, et décrié par d'autres, notamment
par les enthousiastes de montagnes vierges et sauvages. Cela n'empêche
pas les visiteurs d'y venir en foule depuis des décennies.
Il n'est pas facile, certes, de trouver des endroits sauvages, mais des
lieux d'une beauté extraordinaire ne manquent pas. Dans les vallées, des
stations de cure thermale comme Wisla, Ustron ou Szczyrk retentissent
d'un vacarme joyeux, voisinant avec des villages calmes, silencieux et
séduisants ou les montagnards silésiens continuent de cultiver leurs anciennes
coutumes. La vie des habitants suit le rythme des occupations traditionnelles.
Comme jadis, ils mènent les brebis au pâturage, les fêtes
et le carnaval s'accompagnent des mêmes rites séculaires. Le patois
des montagnards n'a pas disparu ; on peut admirer leurs musiques
caractéristiques, leurs costumes populaires et des objets artisanals uniques,
telles les célèbres dentelles de Koniakow.
Si une partie du Beskide Silésien est situé du côté tchèque
de la frontière, en Moravie, la chaîne se trouve principalement
en Pologne : dans la partie haute du bassin de la Vistule, de la Biala
et de la Sola, ainsi que de l'Olza. C'est un terrain montagneux disposé
en sillons, souvent situé à plus de 1000 mètres d'altitude,
et les sommets les plus élevés se trouvent a plus de 1200 mètres
: Skrzyczne (1257 m), Barania Gora (1220 m). Les vallées profondes, les
flancs abrupts, les hauteurs importantes confèrent au paysage un
véritable aspect de montagne, même là où les sommets
ne dépassent pas 900 mètres.
Saviez-vous que...
Non loin du sommet de Barania Gora prend
naissance le plus grand fleuve polonais, la Vistule. Les sources sont
cachées dans la forêt, mais pour pouvoir dire que l'on y est allé,
il suffit de parvenir aux cascades tonnantes de Biala Wiselka qui descendent
verticalement et que la tradition identifie aux sources de la Vistule.
Le monde végétal est principalement composé de forêts vierges, à
peuplement d'arbres variés et rares dans des régions non montagneuses.
La végétation des parties les plus élevées est disposée en palliers. A
l'ombre de l'épais feuillage des arbres et dans les prairies poussent
de nombreuses plantes intéressantes : fougères, lycopodes, violettes,
gentianes, orchis ou bien des espèces rarissimes comme le daphné,
l'aconit et la véronique. La partie nord-ouest en bordure du Beskide Silésien
est un paradis pour les botanistes : les calcaires de Cieszyn et les intrusions
volcaniques constituent un sol privilégié pour la flore la plus rare,
et surtout pour les fleurs.
Les montagnes, notamment leur partie la plus haute, sont un gîte pour
les loups, les lynx, les chats sauvages, les renards, et un grand nombre
de cerfs et de chevreuils. Il arrive de voir planer un busard, un faucon,
un milan, parfois meme un tétras (par exemple, sur le versant de Barania
Gora).
Le Beskide Silésien est l'une des régions les mieux aménagées pour les
sports d'hiver dans toute la chaîne des Beskides. C'est là, sur
les flancs de Skrzyczne, et non dans les Tatras, qu'ont été tracées les
meilleures pistes de descente, reconnues par les organisations nationales
de ski alpin. Après Zakopane, Szczyrk est la seconde capitale d'hiver
de Pologne avec tout un système de télésièges et téléskis,
avec des pistes de divers degrés de difficulté et une base hôteliere et
de repos satisfaisante. Parmi les autres stations de sports d'hiver dans
le Beskide Silésien, il faut citer d'abord Ustron avec son télésiège
très populaire sur le versant de Czantoria et son remonte-pente
dans la vallée de Jaszowiec, ensuite Wisla et ses grands remonte-pente,
de même que les flancs de Szyndzielnia équipés d'un téléphérique
et d'un certain nombre de téléskis.
Les Sudètes : une conquête facile
Les Sudètes sont un massif réparti entre les territoires de la
Pologne, de la République Tchèque et de l'Allemagne. La chaîne
de 300 kilomètres s'étend de la Porte de Moravie au sud-est à
la vallée de l'Elbe au nord-ouest. La partie située en Pologne occupe
une superficie de 9300 km2.
Une description sommaire de cette région n'est pas tâche facile. Sans
que ce soit un massif immense, les Sudètes offrent aux visiteurs
un grand nombre d'attractions. C'est une mosaïque de chaînes de taille
variée dont chacune possède son propre caractère. D'un côté
s'élevent les imposants et fantaisistes Karkonosze (Monts Géants), Gory
Stolowe (les Monts Tabulaires) avec leurs rochers aux formes insolites,
de l'autre côté se trouvent les vastes chaînes vertes et en pente douce
des Monts Orlickie ou Bialskie. Les Sudètes sont le lieu de prédilection
des amateurs de longues randonnées (les Monts Izerskie, le massif de Snieznik,
les Monts Zlote, les Monts Bystrzyckie), mais aussi de petites excursions
passionnantes (Rudawy Janowickie, les Monts Kaczawskie ou les Monts Bardzkie).
L'intérêt de la nature n'est pas l'unique valeur de cette région.
Fatigué de l'escalade, le touriste y trouvera le calme de vieilles et
charmantes stations thermales, de séduisantes petites villes avec leur
architecture traditionnelle et de nombreux monuments témoins de l'histoire
riche et complexe de ces terres. D'autre part, il est permis de dire que
les Sudètes appartiennent aux régions polonaises les mieux préparées à
l'accueil des touristes. L'agrotourisme y connaît un essor dynamique,
ainsi que de diverses activités liées, dont surtout l'équation et la cuisine
basée sur les produits écologiques de cultures biodynamiques.
Les Sudètes tout entiers, avec les terrains submontagneux et une
partie de l'avant-montagne, occupent à peine plus de 3% de
la superficie de la Pologne. Mais ces 3 % sont d'une beauté séduisante
et méritent des séjours réitérés, même si un seul séjour suffit
pour succomber à leur charme.
La nature des Sudètes, soumise à l'intervention active
de l'homme au cours des siècles, diffère aujourd'hui fortement
de son état primitif. De ce point de vue, les Sudètes ne constituent
pas un univers distinct, elles ont plutôt un aspect se trouvant à
mi-chemin entre la nature des Alpes et celle des Carpates, les espèces
rencontrées dans les Carpates étant les plus fréquentes dans les Sudètes
Orientales et assez rares dans les Sudètes Occidentales.
La majorité des forêts sont des forêts de sapins. Les forêts
de conifères ont été victimes, au tournant des années 70 et 80
du XXe siècle, d'une catastrophe écologique due à l'activité
d'une centrale située à la frontière des territoires
allemand, polonais et tchèque. La situation est désormais maîtrisée
et il existe de fortes chances de reboisement des sommets clairsemés des
Monts Izerskie, des Monts Géants et du massif de Snieznik.
Par rapport à la faune des Carpates, le monde animal des Sudètes
est relativement pauvre. Les principales espèces sont représentées
par un assez grand nombre de cerfs, de sangliers, de chevreuils et de...
mouflons. Sur Snieznik, il est possible de rencontrer des chamois. Il
arrive de voir un blaireau ou, exceptionnellement, un lynx ou un loup.
Quant à la faune ailée, les coqs de bouleau, les coqs de bruyère,
les cigognes noires sont des spécimens rares, menacés de disparition.
Saviez-vous que...
Le mouflon est un mammifère appartenant à
la famille des bovidés, probablement l'un des ancêtres du mouton
domestique et l'unique spécimen de mouton sauvage présent en Europe. Les
mouflons vivaient jadis exclusivement en Corse et en Sardaigne,
ils sont aujourd'hui un gibier assez répandu en Europe. Leur population
fut introduite dans les Sudètes en 1902. Ils vivent en petits troupeaux,
essentiellement dans les forêts de montagne, se nourrissent d'herbes,
de feuilles, d'écorce et de fruits. C'est un animal de taille moyenne
(75 cm au garrot, 45 kg de poids). Les mâles ont des cornes caractéristiques
tordues en volute atteignant 70 à 80 cm de longueur. Effarouché,
le mouflon s'enfuit à la vitesse de 50 à 60 km/h.
Les sites naturels des Sudètes - d'une grande valeur du point
de vue environnemental - sont protégés dans les parcs paysagers (Vallée
du Bobr, Rudawski, Chelmy, Ksiazanski, Slezanski, des Sudètes de
Walbrzych, des Monts Sowie, Snieznicki et des Monts Opawskie) et dans
des réserves. Parmi ces dernieres, les plus précieuses sont la tourbière
près de Zieleniec, la Forêt de Sniezna Bialka, Jaskinia Niedzwiedzia
et Snieznik Klodzki. Les terrains les plus beaux se trouvent dans le périmètre
de deux parcs nationaux : celui des Monts Géants et celui des Monts Tabulaires.
Les Sudètes étant tres vastes, regardons de plus près les
terrains dont la nature présente le plus grand intérêt : les Monts
Géants dans les Sudètes Occidentales, les Monts Tabulaires dans
les Sudètes Centrales, et le Parc Paysager Snieznicki dans les
Sudètes Orientales.
Saviez-vous que...
L'âge des Sudètes et les très
nombreuses transformations de la roche au contact du magma ont donné une
grande diversité de couches de minerais et de fossiles. Les richesses
de la montagne furent exploitées des le haut Moyen Age, ce qui conféra
aux Sudètes le surnom de "trésor de l'Europe". Cependant,
les chercheurs de trésors acharnés peuvent encore aujourd'hui trouver
dans les Sudètes des minéraux intéressants et précieux : cristal
de roche, agate, améthyste, jaspe, quartz rose, calcédoine, néphrite,
grenade, topaze. Il y a des endroits où, jusqu'à aujourd'hui,
on peut trouver de l'or. Chaque année, un championnat du monde d'orpaillage
a lieu dans les Sudètes.
Les Monts Géants
Les Monts Géants sont la plus haute chaîne des Sudètes. Les crêtes
situées sur le territoire polonais s'étendent sur 35 kilomètres
depuis le col Przelecz Szklarska à l'ouest jusqu'aux environs
de la Porte Lubawska à l'est, avec, au nord, des versants
abrupts et les rochers escarpés de cirques postglaciaires. La partie la
plus élevée des Monts Géants domine la limite supérieure de la forêt.
Au milieu de crêtes pittoresques culmine Sniezka (1602 m d'altitude),
le sommet le plus haut des Sudètes. Il faut aussi évoquer la beauté
du bassin des Monts Géants (Pogorze Karkonoszy) et de la crête de
Lasocki (Grzbiet Lasocki) - cette dernière étant partie la plus
avancée à l'est et la plus sauvage de cette chaîne. Des lieux
de villégiature à succès tels que Szklarska Poreba,
Karpacz et autres, plus modestes, sont situés au pied des montagnes.
Le Parc National des Monts Géants a obtenu ce statut en 1959. Sa surface
actuelle est de 5575 ha ; un parc national a également été constitué du
côté tchèque (les Monts Géants étant le massif le plus haut de
ce pays). En 1992, le domaine des deux parcs nationaux a été reconnu par
l'UNESCO comme Réserve Bilatérale de la Biosphère Karkonosze-Krkonose,
d'une superficie totale de plus de 60 000 hectares.
La quantité d'attractions touristiques est imposante : les Monts Géants
abritent des espèces intéressantes et anciennes de flore montagneuse,
une faune riche, mais avant tout des rochers aux formes insolites, des
cascades, des cirques postglaciaires et des étangs. Les touristes aiment
les Monts Géants, qui allient harmonieusement les caractéristiques de
la haute montagne avec une facilité d'accès propre aux Sudètes.
Les pentes abruptes et les larges crêtes dénudées avec leurs vues
panoramiques invitent à des randonnées longues mais pourtant
peu éprouvantes. Les vieilles stations thermales au pied de la montagne,
de même que les curiosités de la proche Vallée Jeleniogorska rehaussent
l'attrait touristique des Monts Géants. Aussi bien les vadrouilleurs partant à
la recherche du contact avec la nature, que ceux pour qui le tourisme
n'est qu'un entracte entre le grill et la soirée dansante s'y sentent
bien, car chacun y trouve son compte.
Saviez-vous que...
La cascade de Kamienczyk est la plus haute
cascade des Monts Géants et en même temps de toutes les Sudètes
polonaises. L'eau descend en trois chutes successives qui atteignent ensemble
27 mètres de hauteur dans un magnifique ravin rocheux long de 100
mètres, profond de 25 mètres, mais large de quelques mètres à
peine. Cet endroit, l'une des principales attractions touristiques de
la région, était déja visité au XVIIIe siècle. Aujourd'hui, le
couvre-chef indispensable pour toute personne désireuse de descendre au
pied de l'imposante cascade est un casque.
Malgré des centaines d'années de présence de l'homme, les Monts Géants
ont gardé leurs palliers de végétation. Le pallier inférieur atteint jusqu'à
1000 mètres d'altitude et regroupe de vastes forêts, parmi
lesquelles de magnifiques bouquets de hêtres. Plus haut (1200-1450
mètres) se trouve le site le mieux conservé et le plus précieux, à
savoir le pallier subalpin couvert de pins des montages et de diverses
herbes, ainsi que de tourbières. Le pallier alpin ne s'étend dans
les Monts Géants que près des sommets de Sniezka et de Wielki Szyszak.
Sniezka ne ressemble à aucun autre mont ; c'est un énorme
mont rocheux en forme de pyramide, souvent enveloppé de brouillard, mais
toujours très beau. Il offre le meilleur panorama de toutes les
Sudètes, la visibilité atteignant parfois jusqu'à cent kilometres.
Saviez-vous que...
La carte postale avec un dessin de Sniezka, parue
dans la seconde moitié du XIXe siecle, fut la première carte postale
du monde.
L'une des plus grandes attractions des Monts Géants (et du parc), Sniezne
Kotly, abrite des rochers escarpés, des pics et des précipices de 200
mètres de profondeur, formés il y a 20 000 ans environ, vers
la fin de l'aire glaciale, alors que les glaciers locaux glissaient le
long des pentes abruptes. Les langues glaciaires dont les moraines, les
cônes d'avalanche et quelques petits lacs sont un témoignage, avaient
jusqu'à 2 km de longueur. Au pied des précipices, des plaques de
neige résiduelle s'étendent encore au mois d'août.
Le Parc National des Monts Géants est facilement accessible, notamment
en voiture grâce au réseau routier dense de la Basse Silésie. Les sommets
sont d'un accès aussi facile que le pied de la montagne. Les villages
touristiques sont situés en flanc de montagne. On peut prendre un télésiege à
Karpacz et à Szklarska Poreba pour monter au-delà du
niveau des forêts. Le réseau de sentiers de randonnée balisés y
est le plus dense de toutes les Sudètes, les itinéraires sont faciles
et les sentiers de randonnée eux-mêmes sont en bon état.
Les Monts Tabulaires
Les Monts Tabulaires constituent la partie centrale, d'une longueur
de 18 km, de la chaîne des Sudètes. Considérée pourtant comme un
seul massif, cette chaîne occupe en réalité 45 kilomètres : elle
commence en Pologne, recoupe le territoire de la République Tchèque
sous le nom de Adrspassko-Teplicke Skaly (avec sa fameuse cité rocheuse)
et de Broumovské Stény, pour réapparaître en Pologne. Le segment que nous
connaissons sous le nom de Monts Tabulaires est sans doute la partie la
plus élevée et la plus intéressante de la chaîne.
Les Monts Tabulaires, si particuliers, si différents de tous les autres,
ont depuis toujours été l'une des attractions touristiques les plus appréciées
en Pologne. Le parc national mis en place en 1993 confirme le caractère
extraordinaire de ces montagnes. Le Parc National des Monts Tabulaires
est exceptionnel, car il a été constitué non pour sa nature, mais pour
les formes rocheuses qu'on y rencontre.
Les Monts Tabulaires sont les uniques montagnes en strates en Pologne.
Soumises à l'érosion pendant des millions d'années, les strates
ont formé un paysage de conte de fée. Des buttes témoins isolées dominent
les plateaux ; les sommets, les versants et les bois sont décorés de nombreux
petits rochers résiduels en forme de champignons, d'aiguilles et de portes,
le tout formant de vrais labyrinthes dans les parties les plus hautes
de montagne. Des chutes d'eau tombent sur le sol rocheux au milieu de
forets épaisses et compactes qui, presque semblables à la
savane africaine, rehaussent la beauté du paysage. Des sapins miniature
résistent aux vents sur les massues rocheuses.
Comme dans toutes les Sudètes, l'accès aux curiosités des
Monts Tabulaires est facile et peu éprouvant. Ce sont des montagnes basses,
leur sommet le plus haut, Szczeliniec Wielki, ne mesure que 919 mètres
d'altitude. Son intérêt réside dans son ornière sinueuse
au milieu de rochers insolites, de crevasses, de précipices et de terrasses à
partir desquelles s'ouvre un panorama susceptible de donner un vertige
enchanteur à tout randonneur. Celui-ci sera sans doute séduit
aussi par les Bledne Skaly, labyrinthe de 20 ha parsemé de rochers en
forme de champignons ou de grands blocs couverts de sapins nains, de buissons
de myrtilles et de mousses, garantissant des impressions inoubliables.
Le réseau de sentiers de randonnée balisées, dont la longueur totale dépasse
200 km sur ce périmètre assez restreint est très dense,
et doté d'un balisage infaillible. En suivant les nouveaux sentiers de
randonnée, on rencontre des vestiges d'itinéraires tracés déjà
au XVIIIe siècle : escaliers de roche, plate-formes paysagères,
plaques commémoratives, ruines de refuges et d'auberges, ponts de bois
vermoulu. Dans cerains endroits isolés, il arrive de lire sur un rocher
"J'étais là", avec une inscription gravée en lettres gothiques
et datée de 1794, par exemple.
Les montagnes elles-mêmes étant faiblement peuplées, la base hôteliere
se situe autour de la chaîne, en revanche l'offre est riche et variée.
Il faut citer notamment trois stations de cure thermale célebres, de standard
européen : Kudowa-Zdroj, Polanica et Duszniki, petites localités charmantes
dont les sources thermales étaient renommées pour leurs propriétés curatives
dès le XVIIe siècle. On y traite entre autres les maladies
cardiaques, celles du système digestif et des voies respiratoires
ainsi que les troubles hormonaux. Les touristes trouveront un grand nombre
de curiosités au pied de la montagne. Ce sont notamment Wambierzyce, lieu
de pèlerinage hors de commun, appelé "la Jérusalem de Silésie",
un très intéressant musée sur l'architecture des Sudètes
en plein air, et une chapelle de crânes tout à fait insolite.
Saviez-vous que...
La chapelle de crânes de Kudowa-Zdroj
est l'un des rares endroits de ce type en Europe (à côté de Rome
et de Kutna Hora). Les murs de la chapelle de style baroque sont garnis
de trois mille crânes humains. Les 20 000 autres crânes sont rassemblés
sous le plancher. Cet exploit étrange est l'oeuvre de Wenzel Tomaschek,
curé local ayant vécu au XVIIIe siècle. Ce lieu saisissant doit
rappeler la mémoire des victimes de guerres de religion du XVIIe siècle,
des guerres silésiennes du XVIIIe siècle, et des épidémies de choléra
qui sévirent jadis sur ces terres.
Le Parc Paysager Snieznicki
Le très vaste Parc Paysager Snieznicki (28 800 ha) abrite les
coins les plus sauvages et les plus élevés (après les Monts Géants)
des Sudètes. Ce sont les Sudètes Orientales : le massif
de Snieznik, les Monts Bialskie et les Monts Zlote.
Le massif de Snieznik est un groupe de montagnes dont les crêtes
larges, plates et souvent couvertes d'herbe sont séparées par de profondes
vallées sinueuses ou coulent des torrents qui, chose intéressante, échouent
dans trois mers : la Baltique, la Mer du Nord et la Mer Noire.
Outre sa couronne, le massif tout entier est couvert de forêts,
essentiellement de sapins, même si l'on trouve aussi des peuplements
mixtes. Des dizaines de kilomètres de routes construites au XIXe
siècle pour les besoins de la taille de bois permettent aujourd'hui
de se promener dans ces bois. Meme si la chaîne a un aspect très
"montagneux", voire sauvage par endroits, les sentiers de randonnée et
une bonne base touristique, notamment à Miedzygorze, localité
enchanteresse, la rendent très accessible.
La plus grande élévation, Snieznik (1425 m), atteint le pallier de la
végétation alpestre. La grande coupole dénudée fait penser à
une énorme pieuvre dont les tentacules seraient des crêtes de montagnes
s'étendant dans toutes les directions. Le sommet et les bois de l'étage
de végétation supérieur constituent une réserve naturelle du fait de plantes
rares qui poussent dans les prés "alpestres" de Snieznik. Les touristes
y viennent admirer les couchers de soleil, devenus légendaires pour leur
beauté.
C'est dans cette réserve que se trouve l'une des plus grandes cavernes
de Pologne (3 km de long) : Jaskinia Niedzwiedzia (la Caverne de l'Ours).
Découverte en 1966, elle a été jugée si intéressante, que la carrière
de marbre dans laquelle elle se trouvait a été fermée, de même que
plus récemment, d'autres carrières dans les environs. On ne peut
visiter que 500 m de galeries, dont la richesse et la variété des concrétions
calcaires telles que les stalactites, stalagmites, colonnes, draperies,
cascades et lacs souterrains font tourner la tête. La caverne doit
son nom à plusieurs dizaines de milliers d'os d'ours de caverne
découverts ici, parmi lesquels 5 crânes complets, qui ont permis de reconstituer
un squelette entier. On y a aussi découvert les os de plusieurs dizaines
d'autres espèces animales, notamment de lions de caverne, de loups,
de castors et de renards.
Saviez-vous que...
L'ours de caverne fut le plus grand carnassier
de la période glaciaire, de 1/3 plus grand que le grizzli. Debout, il
atteignait 3,5 m. Il passait l'hiver dans les cavernes, où il naissait
et s'abritait pour mourir. L'homme, qui finit d'ailleurs par exterminer
cette espèce, fut son unique ennemi, et il en instaura le culte,
puisqu'il semble que ce fut la première religion répandue des humains.
L'ours de caverne n'est pas l'ancêtre de l'ours brun, ses gênes
ont complètement disparu.
Le lion de caverne ressemblait au lion et au tigre à la fois,
mais avec des crocs plus puissants. Des ossements ont été découverts sur
tout le territoire polonais. Il résista plus longtemps que l'ours des
cavernes, mais disparut au Ier siècle de notre ère.
La deuxième chaîne du Parc Paysager Snieznicki, les Monts Bialskie,
est située pour moitié en Pologne, et pour moitié en République Tchèque;
elle est séparée du massif du Snieznik par le torrent Morawka. Leur surface
est à peine supérieure à 50 km2 (sur le territoire
polonais), le sommet le plus haut étant Rudawiec (1106 m). Le massif compact
et sauvage est presque entièrement couvert de forêts, qui
gardent par endroits les caractéristiques de forêt primitive, avec
des réserves et des gîtes. Les réserves de la Foret de Sniezna Bialka
et de Nowa Morawa abritent des enclaves vierges de vieux platanes, de
hêtres et de sapins. Les eaux des rivières sont les plus
pures de Pologne, de classe 0 et 1. L'amateur de nature le plus orthodoxe
sera comblé par le silence, la propreté et la relative absence d'habitations.
Gory Zlote (les Monts Dorés) sont la troisième chaîne, atteignant à
peine 900 mètres d'altitude, certes, mais leur relief se distingue
par sa variété et fait les délices des grimpeurs et des cyclistes. La
plus ancienne station thermale de Pologne, Ladek Zdroj, est entourée de
verdure et recouvre petit à petit sa splendeur de naguère,
ternie par la présence de troupes soviétiques stationnant à
cet endroit pendant de longues années. Plusieurs centaines de kilomètres
de pistes cyclables ont été tracées.
La base hôtelière y est diversifiée, située surtout autour du massif
de Snieznik et de Ladek Zdroj. La montagne est couverte d'un réseau dense
de pistes, qui ne comptent pas parmi les plus faciles. Dans les Sudètes
Orientales, il vaut mieux ne pas surestimer ses forces.
VILLES ET LOCALITES : PERLES DE L'ARCHITECURE ET CHAKRAS
Sleza : l'Olympe silésien
Même si Sleza est une montagne avec un parc paysager et de magnifiques
réserves naturelles, il est pertinent de la décrire dans ce chapitre,
car à côté de ses ressources naturelles, c'est d'abord le
cour légendaire, historique et mystique de la Silésie. De mystérieuses
et anciennes sculptures cultuelles et des murs de pierre ont été découverts
sur son versant. Ce sont les les plus anciens vestiges de ce type en Pologne,
et les élévations elles-mêmes semblent rayonner d'une énergie inhabituelle.
Sleza, en forme de pyramide sombre, s'élève par-dela les plaines
de la Basse Silésie, entre Swidnica et Wroclaw, à une altitude
de 718 mètres. Elle est entourée d'une couronne de collines moins
hautes, qui forment le Massif de Sleza. Certains voient en ce massif un
volcain éteint. Une telle opinion est fondée sur l'apect du massif, isolé
au milieu de la plaine, mais en réalité il fut jadis relié aux Sudètes.
Il y a environ 15 à 10 millions d'années, au cours des plissements
alpins, cette liaison fut rompue, le transformant en un géant solitaire.
La sédentarisation de l'homme s'est faite lors du réchauffement du climat
et du développement de l'agriculture, à l'âge de pierre, plus
de 4 mille ans avant notre ère. Il y a de nombreux témoignages
du culte dont la montagne était entourée par les tribus installées à
ses pieds (les historiens ne sont pas unanimes pour définir si c'étaient
des tribus de germains ou de slaves).
A l'époque de la civilisation lusacienne (et en particulier environ 600
ans avant notre ère), une signification religieuse fut accordée
au massif. Nous ignorons qui étaient les habitants, quelle était leur
langue et leurs croyances. Ils érigèrent des cercles de pierre
autour des lieux de culte sur Sleza et sur Radunia, le second plus haut
sommet du massif. On suppose que Sleza était liée au culte du dieu du
soleil, alors que Radunia à celui de la lune. L'ensemble évoquait
les symboles de la fécondité et du rythme de la nature. Il se peut que
les célèbres sculptures de granite remontent à cette
époque-la. Vers le Ve siècle avant notre ère, à
la suite d'une invasion Scythe, le culte lusacien de Sleza disparut. Mais
la suite apporte de nouveaux mystères ; ainsi parle-t-on de Celtes
qui seraient arrivés jusqu'à Sleza pour en raviver le caractère
sacré. Les sculptures en question leur sont souvent attribuées, mais les
scientifiques ont du mal à en trouver les preuves et évoquent
parfois une provenance méditerranéenne, voire hindoue, de sculptures dont
on ne saurait renier l'originalité et la spécificité.
Au Ve siècle environ, une puissante tribu slave s'installa dans
la région et prit plus tard le nom de "Slezanie". Ils contribuèrent à
un nouvel épanouissement du culte sur Sleza. C'est aussi à
eux, probablement, que nous devons les sites mégalithiques à
l'emplacement des anciens cercles sacrés.
Sous l'emprise de la chrétienté, le culte païen s'éteignit peu à
peu, mais nombreux sont ceux qui considèrent que la montagne dégage
une énergie mystérieuse. Ce n'est pas sans raison que les Walons, célèbres
chercheurs de minéraux, radiésthésistes et auteurs de "livres secrets",
ont pénétré cette région à partir du XIVe siècle. On
dit que la montagne attire les foudres, car c'est un des endroits les
plus orageux d'Europe, ce qui pourrait etre lié au minerais de titane
découvert récemment dans ses rochers. A quelques kilomètres à
l'est de Sleza se trouve une couche de néphrite unique au monde; selon
d'anciennes croyances chinoises, c'était une pierre magique des plus précieuses,
dotée de propriétés métaphysiques exceptionnelles. Des sources minérales
jaillissent des rochers de Sleza ; elles attiraient jadis les apothicaires
de toute la Silésie. Enfin, une curiosité : le massif de Sleza est peuplé
par... 370 espèces d'araignées, ce qui serait une autre preuve
de l'existence d'influences exceptionnelles dans cette montagne, puisque
les araignées seraient particulierement attirées par les "lieux de puissance".
La région possède un réseau dense de pistes de randonnée, de pistes
cyclables, des sites naturels et archéologiques pittoresques, relativement
faciles d'accès, assez bien fléchés et riches en traces du passé.
Wroclaw: les célebres jardins
Capitale millénaire de la Basse Silésie, Wroclaw est l'une des plus
belles villes de Pologne. Située sur l'Oder, traversée par de nombreux
canaux, elle a 12 îles et plusieurs dizaines de ponts. Elle peut se vanter
de posséder le plus bel ensemble architectural sacré de style gothique,
de puissantes fortifications, et le plus bel hôtel de ville gothique en
Pologne. C'est en même temps un grand centre scientifique, culturel
et commercial.

Wroclaw. Photo: A Olej/K. Kobus, www.poland.gov.pl
Un éveché polonais fut instauré à Wroclaw en l'an 1000, considéré
comme date initiale de l'histoire riche, mais parfois difficile de cette
ville. Au cours des siècles, ce fut un brassage de cultures et
d'influences polonaise, tchèque, autrichienne, allemande, juive
et même hongroise. La proximité de grandes voies commerciales a
favorisé l'épanouissement de la ville. Transformée en forteresse par les
Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale, elle devint le théâtre de
luttes acharnées et subit de terribles destructions.
Après la guerre, la reconstruction des monuments se mit en place
et avanca péniblement, du fait de l'indifférence des autorités communistes.
Pourtant, beaucoup d'anciennes maisons et monuments historiques ont été
conservés non seulement au centre, mais aussi dans des quartiers périphériques,
ou de vraies perles d'architecture ancienne ont été épargnées, encastrées
au milieu de bâtiments de style socialiste érigés après la guerre.
Ces dernières années, notamment après l'inondation de 1997,
le centre historique de Wroclaw a été entièrement rénové, dans
le but de lui rendre une beauté digne de toute métropole européenne. Le
centre, et particulièrement la grande place, avec ses maisons hautes
en couleurs, ses bistrots, ses clubs, ses pubs, restaurants, casino, cabaret,
et ses manifestations estivales de plein air, laisse des impressions inoubliables.
L'hôtel de ville est considéré comme l'un des édifices les plus magnifiques
de l'Europe médiévale. Ses caves abritent la brasserie la plus ancienne
de Wroclaw, datant du XIIIe siècle !
Mais la ville historique, c'est également Ostrow Tumski, jadis une île,
aujourd'hui un recoin charmant, une vraie perle échappée à
l'inondation de 1997, avec des églises (entre autres la splendide cathédrale,
chef-d'oeuvre de style gothique) et des ruelles calmes et séduisantes.
On retrouve le calme dans son Jardin des Plantes, qui peut se vanter de
posséder la plus grande collection polonaise de plantes aquatiques et
marécageuses. C'est dans ce quartier, sous l'une des églises, qu'est censé
se trouver l'un des pôles énergétiques de la Terre : le chakra bleu de
la conscience.
Saviez-vous que...
Wroclaw est la ville natale de Wanda Rutkiewicz,
alpiniste et himalaiste de renommée mondiale, la première Européenne à
avoir conquis le mont Everest en 1978. Elle disparut en 1992, lors d'une
expédition sur Kanchenjunga.
Le jardin zoologique de Wroclaw est l'une des premières et des
plus grandes institutions de ce type en Pologne ; il est apprécié des
spécialistes du monde entier et visité chaque année par plus de cinq cent
mille personnes. Le jardin fut constitué en 1865. A l'issue de la Seconde
Guerre mondiale, il ne comptait que 150 animaux. Aujourd'hui, avec ses
4000 animaux, c'est l'un des plus grands jardins zoologiques en Europe,
abritant les représentants d'especes déja disparues ou en voie de disparition.
Au cours des dernières décennies, 30 girafes y sont nées.
Non loin de la s'étend le Parc Szczytnicki, oasis de paix romantique.
Il fut aménagé à l'anglaise au XVIIIe siècle et contient
un jardin japonais unique. Ce fut l'un des plus remarqués lors de l'Exposition
Universelle qui se tint là en 1913 ; il fallut pourtant attendre
les années 1990 pour qu'il soit reconstitué, sinon entièrement
recréé, par des maîtres jardiniers japonais qui s'attachèrent à
reproduire l'ambiance originale des jardins d'Extrême Orient avec
un grand soin du détail. Tout élément y possède sa place et sa
signification, souvent imperceptible pour un Européen. C'est un vrai lieu
de culture japonais au centre même de l'Europe.
Wroclaw, ville exceptionnelle à tous égards, mérite d'etre
redécouverte par les touristes.
Klodzko : les souterrains d'une forteresse
En traversant la Silésie, on ne saurait omettre Klodzko, qui est non
seulement un endroit séduisant, mais aussi le lieu ou convergent toutes
les voies de communication. La forteresse qui domine la ville et la cité
historique située sur ses flancs sont visibles de loin.
La petite ville, installée au milieu de la Vallée Klodzka, a un passé
millénaire. Elle fut le lieu d'un brassage séculaire d'influences polonaises,
tchèques et allemandes; des émigrés en provenance d'Allemagne,
de Bohême, de Flandre, des adeptes de diverses confessions vinrent
s'y établir. L'architecture à caractère international
et l'esprit de tolérance en sont un héritage. Les petites rues de Klodzko
gardent jusqu'à l'heure actuelle des climats qui évoquent l'ordre
allemand, la frivolité du baroque tchèque, le sérieux et l'honneteté
des commerçants néerlandais.
La cité historique de Klodzko nous charme à chaque instant,
notamment par les détails architecturaux de la pierre taillée. Cependant,
entre les étroites rangées de maisons, on rencontre des amas de gravats,
témoins de l'inondation de 1997. Les habitants traitent leur jolie petite
ville avec une certaine insouciance. Pourtant, ces dernières années
ont apporté certaines améliorations, et malgré l'inondation dont la ville
a été victime, Klodzko recouvre peu à peu son ancienne beauté.
Pour gagner la grande place, il faut traverser le pont Saint-Jean à
trois travées, construit en 1390 en style gothique, copie miniature du
pont Charles de Prague. Comme l'autre, il est décoré de six groupes
de statues de saints, datant des XVIIe et XVIIIe siècles. L'inondation,
qui a emporté des dizaines de ponts en acier construits apres la guerre,
n'a pourtant pas réussi à entamer cette construction de pierre
du XIVe siècle.
Pres de 400 bâtiments de Klodzko sont inscrits sur la liste des monuments
historiques ; parmi eux se trouvent des maisons bourgeoises d'un grand
intérêt, datant pour la plupart des XVe et XVIe siècles,
et que l'on peut voir sur la grande place. Un sentier touristique souterrain,
mis en place à l'occasion de travaux d'intervention entrepris
au moment ou les caveaux situés sous la ville risquaient de s'écrouler,
est une attraction incontestable. C'est une suite de caves rénovées de
maisons de marchands, que l'on parcourt en frissonnant à la
vue d'instruments de torture disposés dans les niches et éclairés d'une
lumière blafarde. L'entrée de la forteresse de Klodzko se trouve à
la sortie des caves.
La forteresse est classée parmi les monuments les plus imposants de l'art
de la fortification polonais à travers toutes les époques.
Taillée dans le rocher, constamment améliorée, elle était impossible à
conquérir. Elle a longtemps servi de prison, également pendant la Seconde
Guerre mondiale. Les galeries de sape sous l'ouvrage en constituent la
curiosité majeure : creusées au XVIIIe siècle, elles permettaient
de déposer des explosifs au pied de la forteresse et décimer ainsi les
troupes ennemies. 44 km de galeries, un vrai labyrinthe souterrain, ont
été conservées jusqu'à nos jours ; il n'est possible d'en visiter
qu'un kilomètre, mais l'impression n'en reste pas moins forte.
Les personnes cherchant la lumière et l'espace peuvent admirer
depuis une terrasse le panorama des huit chaînes de montagnes qui bordent
la Vallée de Klodzko.
Le Mont Sainte-Anne: le plus grand amphithéâtre
C'est un lieu magique à ne pas manquer. Le Mont Sainte-Anne
se dresse à 400 m de hauteur à l'extrémité du
plateau Wyzyna Slaska, mais c'est aussi un petit village au pied du Sanctuaire
Sainte-Anne. Ce fut jadis un centre de culte païen, remplacé plus
tard par une église abritant les reliques de sainte Anne. Ce lieu avait
une signification majeure dans la vie religieuse des chrétiens de Silésie.
Lors de la IIIe insurrection de Silésie, en mai 1921, la plus grande bataille
se déroula au pied de la montagne.
Le Sanctuaire Sainte-Anne comprend d'une part une église de style mixte
gothique et baroque, simple à l'extérieur mais à
l'intérieur richement orné, et érigée au rang de basilique par Jean-Paul
II ; d'autre part, le cloître des Franciscains de style baroque, et, à
l'est du village, un ensemble pittoresque de 37 chapelles calvaires érigées
autour d'une église. Le Sanctuaire est un lieu de pèlerinage populaire,
sa figurine de sainte Anne en bois du XVe siècle étant censée posséder
un pouvoir miraculeux.
Dans une carrière désaffectée de basalte se trouve le plus grand
amphithéâtre d'Europe, de près de 100 000 places. Ses parois blanches
de calcaire forment un décor naturel. Il fut érigé par les nazis dans
les années 1930 pour accueillir les congrès de leur parti et pour
commémorer les Allemands disparus lors de la IIIe insurrection de Silésie.
L'amphithéâtre est une curiosité à l'échelle européenne.
Dans cette région, pas loin de 6000 ha de terrain sont protégés et font
partie du Parc Paysager du Mont Ste Anne. Celui-ci se compose de collines
offrant de belles vues, de monuments historiques, de forêts précieuses
avec d'importants peuplements de hêtres, de formes géologiques et
karstiques. Il y a la plusieurs pistes touristiques. Sur le territoire
du parc se trouve la réserve du Mont Ste Anne, de plus de 2,5 ha de surface,
et une partie de l'ancienne carrière de basalte avec cheminée volcanique.
Le paysage de la carrière, varié et pittoresque avec ses herbes
et ses arbres, est un lieu de pique-nique ou de promenade agréable.
Source: www.poland.gov.pl

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